Montréal
17:55 11 février 2021 | mise à jour le: 11 février 2021 à 20:37 Temps de lecture: 3 minutes

Déstigmatiser la santé mentale chez les jeunes issus des minorités

Déstigmatiser la santé mentale chez les jeunes issus des minorités
Photo: Gracieuseté/Daniel Esteban/Depalma-co.My Mental Health Matters a été fondé en 2018.

Depuis 2018, les fondatrices de l’organisme My mental Health Matters travaillent à déstigmatiser la santé mentale auprès des jeunes issus de minorités visibles. Aujourd’hui sélectionnées pour un prix au Gala Dynastie, Ernithe Edmond et Fama Tounkara sont déterminées à donner une voix à leur communauté.

C’est lors de leurs études secondaires à Pointe-aux-Trembles que Mmes Edmond et Tounkara ont constaté qu’un stigmate entourait la santé mentale.

Que ce soit sur le terrain de basketball ou pendant leurs activités scolaires, elles recevaient souvent les confidences des plus jeunes. «Parfois, c’était difficile de leur donner des ressources. On s’est vite rendu compte que c’était un sujet tabou», explique Mme Tounkara, étudiante à la maîtrise en neuroscience.

Quelques années plus tard, les deux amies décident de lancer My Mental Health Matters, «un safe space pour parler de santé mentale et tisser les liens avec [leur] communauté», explique Mme Edmond, étudiante en génie mécanique.

Au départ, les deux femmes créaient principalement des publications sur les réseaux sociaux. Elles ont par la suite commencé à produire des partages de témoignages, des vox pop et des entrevues avec des leaders issus de minorités visibles, dont l’entrepreneur social Fabrice Vil.

Représentation dans les services d’aide

Le site de l’organisme répertorie une liste de psychologues et de thérapeutes de couleur. Une façon qu’ont trouvée les deux femmes pour créer plus de représentation pour les jeunes.

«Souvent, des jeunes nous ont parlé de leur expérience avec des thérapeutes qui n’étaient pas de couleur. C’était souvent difficile de parler des problématiques de discrimination, de profilage racial», explique Mme Tounkara.

Par ailleurs, les femmes soutiennent que les personnes marginalisées doivent aussi avoir un meilleur accès aux services en santé mentale. Elles souhaiteraient notamment voir plus d’investissement gouvernemental en ce sens.

Reconnaissance

Ce travail bénévole a valu aux deux amies une sélection dans la catégorie organisation communautaire au Gala Dynastie. L’événement qui récompense les artisans des communautés noires aura lieu virtuellement le 6 mars.

«L’année dernière, j’assistais au gala. Je voyais plein de gens y assister, comme Corneille. Maintenant, avoir une telle reconnaissance pour notre engagement, c’est très, très satisfaisant. Ça nous pousse à continuer de travailler», soutient Mme Tounkara.

Pour la suite des choses, les deux femmes aimeraient éventuellement se dédier à leur organisme à temps plein, qui est en voie de devenir un OBNL. Leur objectif est simple: «aider les gens et de tisser les liens de notre communauté», conclut Mme Edmond.

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