Montréal

Une marche pour la vérité et la réconciliation à Montréal

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La marche pour la vérité et la réconciliation à Montréal. Photo: Josie Desmarais/Métro

Une foule de 2500 personnes s’est rassemblée jeudi lors d’une marche tenue à Montréal pour rendre hommage aux survivants des pensionnats autochtones, en cette toute première Journée nationale de la vérité et réconciliation.

Organisée par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, en partenariat avec l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), cette mobilisation s’inscrit dans le mouvement «Chaque enfant compte», qui commémore la tragédie des pensionnats autochtones.

Des dirigeants autochtones, des défenseurs des droits autochtones et des jeunes des communautés du Québec et du Labrador ont pris la parole lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.

«Pas assez n’a été fait [pour la vérité et la réconciliation]. On est là pour se rassembler et commémorer toutes les personnes qui ont souffert du processus de colonisation au Canada», a déclaré le chef Ross Mountour, élu du Conseil Mohawk de Kanawake.

La militante pour les droits autochtones Ellen Gabriel a demandé à tous les paliers de gouvernement d’agir contre la discrimination et le racisme encore vécus par les Autochtones. «Au fédéral, au municipal et au provincial et au sein de toutes les institutions qui oppressent encore les peuples autochtones, il reste encore beaucoup de travail à faire», a-t-elle affirmé.

Après les discours, la foule a quitté la Place du Canada pour atteindre la Place des Arts, dans le Quartier des spectacles. Des prestations d’artistes sont notamment prévues.

«Land back!», ont scandé les manifestants, dont la majorité était vêtue d’un vêtement orange, devenue la couleur emblématique choisie par Phyllis Webstad, une survivante du pensionnat de la Nation de Secwepemc.

La réflexion ne suffit pas

Avec leur rassemblement, les organisateurs veulent rendre hommages aux victimes des pensionnats autochtones, mais aussi amener les citoyens à se mettre en action.

Selon Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, la réflexion a assez duré et l’heure est aux gestes concrets. «Nous avons besoin que les gens se pointent et démontrent leur soutien. Peut-être qu’ainsi le gouvernement du Québec verra qu’il y a une mobilisation», a-t-elle affirmé.

Pour l’occasion, plusieurs personnes autochtones ont fait la route jusqu’à Montréal

C’est le cas d’une femme crie, intervenante à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) à la Baie-James, qui est venue «donner une voix» à sa mère décédée dans un pensionnat.

«Nous voulons la vérité. Qu’est-ce qu’il faut de plus pour que le gouvernement cesse de traiter les Autochtones comme des citoyens de seconde zone?», a-t-elle dit en entrevue à Métro.

Selon elle, Québec doit reconnaître le racisme systémique pour entamer une vraie réconciliation avec les peuples autochtones. «Il y en a du racisme systémique. Je le sais, je travaille à la DPJ, j’en vois tous les jours», a-t-elle souligné.

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