Montréal

Vague de froid: une femme itinérante est morte durant la nuit glaciale

Photo: 123rf.com

Une femme en situation d’itinérance a perdu la vie dans la nuit de mercredi à jeudi à proximité du métro Berri-UQAM, en pleine vague de froid à Montréal. Âgée d’une soixantaine d’années, elle s’appelait Stella.

Lorsque les ambulanciers sont arrivés sur place, la femme était dans une situation critique. Son décès a été constaté sur place.

Selon Urgences-santé, il s’agit de la deuxième fois en dix jours qu’une personne en situation d’itinérance décède à l’extérieur dans des températures glaciales. Le 10 janvier dernier, un homme en situation d’itinérance avait été retrouvé sans vie dans un campement.

Stella avait l’habitude de fréquenter l’organisme La rue des Femmes, un centre de santé relationnelle qui accueille et soigne des femmes en état d’itinérance ou à risque d’y sombrer. «C’est terrible comme nouvelle… C’est une femme qu’on connaissait depuis plusieurs années et qu’on aidait autant qu’on pouvait», mentionne la coordonnatrice Louise Waridel.

Le dossier a été transféré au bureau du coroner, a indiqué le porte-parole de Service de Police de la Ville de Montréal, Julien Lévesque.

Les personnes qu’on croise qui ont l’air tout croche, ce sont aussi des humains. Ils ont besoin qu’on les voie.

Louise Waridel, coordonnatrice à La rue des Femmes

Manque de ressources pour les femmes

Bien qu’elle ne connaisse pas la raison derrière ce tragique décès, Louise Waridel pense que personne ne devrait perdre la vie dans de telles circonstances. «Peu importe le pourquoi, c’est sûr que ce n’est pas acceptable. Ça montre qu’on a des personnes comme ça tellement fragilisées et tellement malades et qu’on ne trouve pas de façons de réussir à leur donner des soins et à ce qu’elles aient des endroits où elles peuvent rester et être en sécurité», déplore-t-elle.

Selon Mme Waridel, il y a un manque criant d’endroits destinés aux femmes en situation d’itinérance. «Beaucoup de ces femmes ont des besoins particuliers et elles ne s’adaptent pas à tout. Il faut des milieux qui puissent s’adapter à elles et qui aient la flexibilité. Ça manque grandement», explique-t-elle.

En effet, la coordonnatrice à La rue des Femmes mentionne que les femmes comme Stella ont besoin de soins, en plus d’un toit. «Elles ne sont pas capables de rester seules dans un appartement, car elles sont trop brisées», indique-t-elle.

Et la période de crise sanitaire n’a fait qu’aggraver la situation. «Beaucoup de personnes n’en peuvent plus. On manque aussi beaucoup de ressources humaines et matérielles», ajoute Mme Waridel.

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