Montréal

Report de l’échéancier du REM de l’Est: inquiétudes et acceptation dans l’Est

Photo: Gracieuseté, CDPQ Infra

Les réactions sont mitigées dans l’Est face au report de l’échéancier pour l’étude publique sur le REM de l’Est. Si, à l’instar de Québec et de Montréal, certains croient que la pause est nécessaire pour ajuster le projet, d’autres acteurs réclament plus de leadership pour assurer que le projet ne soit pas abandonné.

Le quotidien La Presse révélait jeudi que l’étude et les audiences publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour le projet du REM de l’Est n’auront pas lieu au printemps comme prévu, devant l’absence d’adhésion claire de Montréal à la nouvelle mouture du projet dévoilée par CDPQ Infra. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, soutient pour sa part que la balle est dans le camp de la CDPQ, qui a selon elle «des devoirs à faire» pour répondre aux conditions exigées par la Ville.

Face à ce revers, la députée de Pointe-aux-Trembles et ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, assure être d’accord avec la décision de CDPQ Infra et soutient que des discussions ont lieu avec Montréal et la Caisse pour régler la question de la gouvernance.

«On sait qu’il y a certaines préoccupations dans certains secteurs de la Ville. On va prendre un peu plus de temps, mais […] je suis sûre que le REM de l’Est va se réaliser et va répondre à l’ensemble des besoins de la population.»

Crainte de perdre le projet et appel au leadership

À la Chambre de commerce et d’industrie de Montréal-Nord (CCIMN), la nouvelle que le REM ne sera pas mis en service en 2029 comme prévu passe mal. Si le projet peut toujours être bonifié, il y a eu suffisamment de temps pour réfléchir: il faut maintenant assurer la mobilité pour les résidents de l’Est, fustige la directrice générale, Noushig Eloyan.

«Personne n’a le droit d’abandonner l’Est, sous aucun prétexte. Des menaces d’abandonner si les autorités ne s’entendent pas, c’est totalement inacceptable.»

La mairesse de l’arrondissement de Montréal-Nord, Christine Black, dénonce pour sa part sur les réseaux sociaux la position «ambiguë» sur la nouvelle mouture du projet dévoilée récemment par CDPQ Infra et le «manque de leadership» de l’administration Plante.

«La mairesse doit rapidement dire ce qu’elle ne peut pas accepter et ce qu’elle est prête à laisser aller sur le projet du REM de l’Est pour que la prochaine esquisse soit enfin à la hauteur de ses attentes», soutient l’élue d’Ensemble Montréal.

Le président-directeur de la Chambre de commerce de l’est de Montréal, Jean-Denis Charest, avance pour sa part qu’il sera «extrêmement sûr que le projet ira de l’avant» que lorsque deux conditions seront remplies: que la Ville, CDPQ Infra et Québec trouvent une solution pour résoudre le mode de gouvernance. Ensuite, que les sommes officielles promises par la Ville et le gouvernement pour l’intégration urbaine du projet soient confirmées.

«On appelle au leadership; plus on tarde à trouver une solution, plus on alimente le cynisme», croit-il.

Bonifier le projet pour plus d’acceptabilité

Rappelant que l’est de Montréal attend depuis «30-40 ans» d’être desservi convenablement par le transport en commun, Jean-Denis Charest croit toutefois qu’il est «sain» de prendre quelques mois de plus pour s’assurer d’avoir «le meilleur projet possible».

Même écho du côté du directeur général du Cégep Marie-Victorin, Sylvain Mandeville, «grand défenseur» du REM, notamment pour sa promesse d’améliorer l’accès aux lieux d’enseignement supérieur. S’il croit que la pause est décevante, elle est somme toute bien vue si elle permet de donner plus d’adhésion de la part de la population.

Plusieurs «questions et des critiques légitimes ont été émises et sont restées sans réponse», et «ce temps d’arrêt est nécessaire pour que la CDPQ Infra y réponde avant la tenue du BAPE», ajoute pour sa part le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, dans une courte déclaration écrite.

«Moi, ce que j’aimerais entendre de la part de la ministre [Rouleau], c’est un engagement à l’effet que le projet sera amélioré, en tenant compte des enjeux soulevés de toutes parts», soutient quant à lui le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, dans une déclaration écrite.

Avec des informations de Jason Paré

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