Montréal

Les multiples voix de Montréal

Les notes du chÅ“ur des Petits chanteurs du Mont-Royal. La conversation des propriétaires chinois du dépanneur du coin. Les cris de jeunes au skate park. Si Montréal est la ville aux 100 clochers, elle est aussi celle des mille voix. Conversation autour de la chose avec trois voix de Montréal.

«[Si Montréal devait avoir une voix], ce serait sûrement une voix de femme, croit
Re­né Homier-Roy, à la barre de C’est bien meilleur le matin, à la radio de Radio-
Ca­nada. Parce que Montréal a une atmosphère féminine. Peut-être une voix à la Éli­se Guil­bault, où les mots se bousculent. Il y a une intelligence qui paraît dans sa voix.»

Pour la comédienne Mi­chè­le Deslauriers, qui fait la voix dans le métro de Montréal, la ville aurait certainement «une voix qui peut varier, à la Pier­re Verville. Une voix mo­saïque qui pourrait représenter toutes les facettes de la ville.»

La mosaïque, Michel La­croix connaît. Cette saison, l’an­­nonceur au Centre Bell devait composer avec des joueurs de neuf nationalités, Russes, Tchèques, Suisse, Fin­landais, Slovaque. Le Cana­dien de Montréal est à l’image de sa ville : cosmopolite.

«C’est notre marque de commerce à Montréal de faire bien attention à la prononciation des noms. C’est une marque de respect», avance celui qui sera à Beijing cet été pour ses 14es Jeux comme annonceur. Ainsi, Michel Lacroix a consulté tous les joueurs pour prononcer tous les noms selon leur langue.

Trouver le ton
Pour devenir la voix du métro de Montréal, Michèle Des­lauriers devait quant à elle trouver un entre-deux. «Je devais avoir un français international, sans être trop québécoise ou trop pointue.» En une journée, elle a enregistré le nom de toutes les
stations ainsi que tous les messages d’usage, au ralenti, parce les endroits vastes font accélérer le débit de la voix.

À la radio, le morning-man René Homier-Roy n’a d’autre choix que d’être imagé lorsqu’il parle. «Il faut éviter d’agresser les gens. C’est très plaisant puisque [notre voix] est la première chose que les gens entendent. On les prend vierges.»
Michel Lacroix, lui, doit susciter la réaction des gens. Souvent considérés comme les meilleurs partisans dans le monde sportif, les fans du Canadien l’ont prouvé cette année à l’annonceur. «C’était comme si j’avais une chorale derrière moi. Les 21 273 partisans répétaient les noms avec moi.»

Si Michèle Deslauriers ne soulève pas les foules avec ses «prochaine station», elle a peut-être un effet thérapeutique. «J’ai une amie qui est agoraphobe et qui était incapable de prendre le métro. Je lui ai dit que c’était moi qui faisais la voix et que je la rassurerais et la guiderais s’il y avait un incident. Depuis ce temps, elle prend le métro!» raconte-t-elle.