Montréal

La parole à… Dr Alexis Armour, chirurgienne plasticienne

La Dr Alexis Armour est chirurgienne plasticienne à l’unité des grands
brûlés de l’Hôtel-Dieu. Métro a discuté avec elle des traitements qui
entourent la restauration de la peau des grands brûlés.

Que devez-vous faire pour restaurer la peau des grands brûlés?
La peau ne peut être restaurée que par la chirurgie. Il faut tout d’abord enlever les tissus morts qui peuvent causer d’importantes infections au patient. On peut ensuite procéder aux greffes de peau. Le premier choix est toujours de prélever une mince couche de la peau non brûlée du patient pour faire les greffes. Si la surface à prélever est trop importante, on prélève l’épiderme du patient et on l’envoie au laboratoire de Québec où il pourra être cultivé.

À quoi sert l’épiderme cultivé?
L’épiderme cultivé sert à remplacer la peau prélevée pour la greffe. Il permet aux sections touchées de guérir plus vite et nous permet de refaire plus rapidement d’autres greffes. L’avantage de ces cultures réside dans le fait qu’elles appartiennent au patient et qu’il n’y a aucun risque de rejet.

Y a-t-il un endroit sur le corps où il est plus facile de prélever la peau pour faire des greffes?
On prélève souvent la peau sur les fesses, mais c’est uniquement parce que cette partie est moins souvent brûlée. Mais cette peau ne peut pas être utilisée partout. S’il faut faire des greffes au visage, par exemple, le teint de la peau des fesses fait en sorte que ça ne sera pas beau. Pour le visage, on doit essayer de prendre la peau qui se trouve au-dessus de la poitrine.

Quels défis représentent les greffes de peau pour les patients?
Les greffes guérissent en cinq jours, mais la peau se contracte par la suite. Les thérapeutes doivent donc travailler pendant un an pour essayer d’améliorer l’élasticité de la peau greffée. Le problème des cicatrices demeure également important. Même si le taux de mortalité des grands brûlés n’est plus que de 5 %, une large part des grands brûlés doivent apprendre à vivre avec d’importantes cicatrices.

Existe-t-il une solution pour éliminer les cicatrices?
Pas encore. Plusieurs recherches sont faites sur le sujet et j’espère que d’ici dix ans, on verra quelque chose de mieux que l’autogreffe. Quelque chose qui fera en sorte que la peau ne se contractera pas et que les cicatrices ne seront plus aussi apparentes.

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