L'agrile du frêne inquiète Montréal
Montréal est sur les dents, car un insecte ravageur exotique se rapproche dangereusement de son territoire. L’agrile du frêne, qui a déjà décimé environ 200 000 arbres en Ontario, a été trouvé dernièrement en Montérégie et à Ottawa. La rumeur court même dans le milieu arboricole qu’il aurait été détecté à Dorval, dans le sud-ouest de l’île de Montréal.
«Après vérification, il n’y a aucun problème chez nous», déclare Sébastien Gauthier, porte-parole de la ville défusionnée de Dorval. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) confirme n’avoir reçu aucun appel en ce sens.
Rappelons que l’agrile du frêne est «à déclaration obligatoire» compte tenu de son potentiel de nuisance. «Ce serait irresponsable de cacher sa présence», pense Helen Fotopulos, responsable des espaces verts à la Ville de Montréal, qui compte 200 000 frênes dans son espace public.
Les modalités d’un plan d’intervention en cas d’infestation à Montréal sont désormais en place. Comme aucun pesticide ne vient à bout de cet insecte, notamment parce qu’il vit sous l’écorce, il serait nécessaire d’établir une zone de quarantaine autour de la zone infectée.
L’arbre meurt en moins de 4 ans
Mme Fotopulos était dernièrement à Toronto où elle a assisté à une réunion de l’ACIA pour faire le point sur cet insecte d’environ 1 cm de longueur et de 3 mm de largeur qui se loge sous l’écorce des arbres, y creuse des galeries et se reproduit à vitesse grand V. En moins de quatre ans, l’arbre meurt, rongé de l’intérieur.
Outre ses bonnes aptitudes de vol (de 5 à 8 km), l’agrile du frêne se propage par le transport du bois (palettes, caisses, bois de chauffage) dans lequel il a élu domicile. C’est de cette façon qu’il aurait été importé d’Asie dans les années 1990.