Montréal

Compostage: Montréal se fait tirer l'oreille

Montréal continue de se faire tirer l’oreille en matière de compostage. Le Conseil régional de l’environnement de Mont-réal (CRE-Montréal), Action RE-buts, le regroupement des éco-quartiers (REQ) et les élus de la ville de Côte-Saint-Luc ont uni leurs voix hier afin de dénoncer ce qui relève, selon eux, d’un «manque de volonté politique» et d’inciter la Ville centre à aller de l’avant avec une collecte de matières organiques.

«La Ville nous dit qu’elle ne va pas de l’avant avec le compostage parce que les citoyens ne sont pas prêts et parce qu’elle n’a pas l’argent nécessaire, a indiqué le directeur général du CRE-Montréal, André Porlier. Mais nous avons fait un sondage qui nous montre que les Mont-réalais sont prêts et, en plus, l’argent est déjà là.»

Selon le CRE-Montréal, la métropole et les villes reconstituées de son agglomération disposent, grâce à un programme du gouvernement du Québec instauré en juillet 2006, d’un budget annuel de 12 M$ pour l’élimination des matières résiduelles. Les sommes accumulées se chiffreraient aujourd’hui à près de 22 M$.

«Jusqu’à présent, seule la collecte des feuilles mortes a été financée avec cet argent», a déploré le conseiller municipal de Côte-Saint-Luc, Steven Erdelyi.

Un exemple à suivre

Selon un sondage réalisé par la firme SOM pour le CRE-Montréal au mois de septembre, 83 % des Montréalais sont en faveur d’une collecte à domicile de matières putrescibles, et 93 % de ceux-ci se sont dits prêts à y participer.

La Ville de Côte-Saint-Luc a pu constater de visu l’intérêt des citoyens pour les collectes de matières organiques. Implanté en septembre 2007, le projet pilote de la Ville était destiné à 500 résidences. Devant le taux de participation frisant les 85 % que ce projet a obtenu, les élus de Côte-Saint-Luc ont décidé de lancer hier une collecte sur l’ensemble du territoire.

«Ça prouve que les citoyens sont prêts», a souligné Steven Erdelyi, qui a dit mal comprendre l’hésitation de la Ville centre à implanter à son tour une telle collecte. «La collecte de matières organiques coûte à Côte-Saint-Luc 300 000 $ environ, mais nous recevons 416 000 $ du gouvernement provincial. Si Montréal reçoit 21 M$, je pense que ça serait suffisant pour couvrir les coûts.»

Il nous a été impossible de joindre le responsable du développement durable à la Ville de Montréal, Alan DeSousa, hier.