Sondage exclusif: Quel monde de sexe, y a pu rien à l'index!
À la veille de la Saint-Valentin, Métro s’est invité sous la couette des Montréalais pour dresser un portrait de leurs habitudes sexuelles à l’aide d’un sondage exclusif. Les Montréalais sont-ils fidèles? Se protègent-ils? Les jeunes sont-ils vraiment les plus actifs?
Quatre Montréalais sur 10 (41 %) ont déjà trompé un partenaire amoureux. C’est ce que révèle un sondage Harris-Décima exclusif au journal Métro. Et il y a des personnes qui sont plus susceptibles de l’avoir fait que les autres.
Selon les données de l’enquête, la moitié des gens qui ne croient pas en l’institution du mariage (51 %) ont commis l’adultère, alors que ce pourcentage est de 35 % chez ceux qui y croient. «C’est plus marqué également chez les personnes qui ont fait l’amour pour la première fois avant l’âge de 15 ans et chez celles qui affirment avoir eu 16 partenaires sexuels et plus au cours de leur vie», explique Alexandra Fiorello, conseillère chez Harris-Décima.
«C’est peu, indique de son côté la sexologue et communicatrice Natalie Suzanne. Si je faisais un sondage parmi mes patients, ça serait sûrement plus élevé!»
L’adultère, c’est l’affaire de tous. Aucun groupe d’âge ne se démarque des autres. En effet, 38 % des 18-34 ans ont déjà trompé, 44 % des 35-54 ans et 41 % des 55 ans et plus.
Sans se faire prendre
Le sondage révèle également qu’un Montréalais sur cinq (18 %) affirme qu’il tromperait son amoureux actuel s’il était certain de ne jamais se faire prendre. Les hommes (25 %) seraient plus enclins que les femmes (11 %) à le faire. Même chose pour ceux qui trouvent leur partenaire moyennement ou pas sexy.
«C’est à l’image de ce qu’on vit actuellement, confesse Natalie Suzanne, qui indique au passage que bien peu de personnes infidèles passent aux aveux. On vit dans une société de consommation qui nous dit « prends ci et prends ça ». C’est sûr que ça a des répercussions dans le domaine amoureux. Souvent, on a une blonde ou un chum, et puis il est trop ci et pas assez ça, alors on le jette et on en prend un autre.»
Les papis aussi chauds que les jeunots?
Malgré ce qu’on pourrait croire, les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas
les seuls à avoir expérimenté sur le plan sexuel, selon le sondage
Métro-Harris-Décima. Bien sûr, papi et mamie ont eu plus de temps pour
le faire…
Si les Montréalais de 18-34 ans ont eu leur première relation sexuelle
plus tôt que les 55 ans et plus (16 ans contre 19), il n’y a pas
beaucoup moins de personnes plus âgées qui ont déjà eu des relations sexuelles à trois
(30 % pour les 18-34 ans, 22 % pour les 55 et plus) et d’hétérosexuels
avouant avoir déjà fantasmé sur une personne de même sexe (30 % chez
les 18-34 ans et 21 % chez les 55 ans et plus). «On peut penser que les
années 1960 et la révolution sexuelle y sont pour quelque chose»,
indique Alexandra Fiorello, conseillère chez Harris-Décima.
On remarque toutefois que les expériences s’adaptent au goût du jour.
Ainsi, 42 % des 18-34 ont déjà pratiqué le cybersexe, contre 17 % des
55 ans et plus. Les jeunes Montréalais sont aussi plus susceptibles
d’avoir eu des relations sexuelles dans des toilettes publiques que
leurs grands-parents!
«Les jeunes ne sont peut-être pas plus ouverts, mais ils sont plus
exposés et plus fragilisés, pense la sexologue Natalie Suzanne. Ils
sont laissés à eux-mêmes et, souvent, ils vont sexualiser leur
problème. Mais il sont à la recherche de tendresse, d’attention.»
Le désir en panne
Le sondage démontre aussi que la libido semble s’estomper avec les années. 62 % des Montréalais de 18-34 ans indiquent qu’ils aimeraient faire
l’amour trois fois ou plus par semaine. Chez les 55 ans et plus, ce
chiffre tombe à 31 %.
Même constat pour le désir. Alors que 89 % des 18-34 ans en couple
donnent une note de 7 à 10 sur 10 à la question «Trouvez-vous votre
amoureux sexy?», ils ne sont que 61 % à donner cette réponse chez les
55 ans et plus.
Pratiques sexuelles risquées et amants imprudents
Plus du tiers des Montréalais (35 %) avouent avoir déjà eu à plusieurs reprises des relations sexuelles non protégées avec une personne qu’ils venaient tout juste de rencontrer, révèle le sondage Harris-Décima exclusif au journal Métro. Si on ajoute ceux qui l’ont fait une seule fois, on arrive au chiffre de 51 %.
«Ça m’inquiète, mais ça ne me surprend pas, indique la sexologue Natalie Suzanne. C’est l’application de la fameuse pensée magique « ça n’arrive qu’aux autres ».»
Fait tout aussi troublant, ce sont les personnes qui ont déjà trompé leur amoureux et celles qui ont eu 16 partenaires sexuels et plus qui sont les plus susceptibles de ne pas se protéger avec un inconnu, ce qui peut augmenter le risque de propagation de maladies.
Natalie Suzanne remarque le phénomène chez les jeunes. «Quand tu te sens seul, pas accepté, que tu veux faire comme ton groupe d’amis ou que tu as peur d’avoir l’air niaiseux, le désir devient plus fort que la peur de contracter une maladie», indique-t-elle.
Selon la sexologue, il y a encore beaucoup de chemin à faire en matière d’éducation sexuelle, qui est inexistante dans les écoles. «C’est épouvantable! s’exclame-t-elle. C’est comme si on niait d’emblée que nous sommes des êtres sexués.» Elle dénonce le fait que les jeunes ne voient qu’une société hyper sexualisé sans avoir d’outils pour devenir «des êtres humains sexués et responsables».
«C’est comme leur présenter une seule avenue, celle des relations précoces, de l’internet, de la porno, affirme-t-elle. On se ramasse avec des gens de plus en plus jeunes qui ont des problèmes de voyeurisme, de pédophilie, de compulsions sexuelles.»