Deux rapports sur la SHDM secouent la mairie
Les pratiques louches de deux ex-dirigeants de la SHDM (Société d’habitation et de développement de Montréal) ont fait perdre plusieurs millions à l’organisme, selon deux rapports d’enquête administrative publiés hier. La Sûreté du Québec enquêtera à son tour.
Favoritisme, non-respect de la chaîne de décision, factures payées sans contrat et sans informer le conseil d’administration : la liste des actions litigieuses posées par Martial Fillion, ex-DG, suspendu en octobre, et Jean-François Bertrand, ex-DG adjoint démissionnaire, est longue. La SHDM, «bras immobilier» de la Ville, en a pâti.
«Je n’avais jamais vu ça», a avoué hier le vérificateur général de la Ville, Michel Doyon, qui, pour son rapport, a étudié 20 cas de transactions de la SHDM. Commentant le second rapport d’une firme comptable qui s’attarde sur l’étude du projet ContrecÅ“ur, le nouveau président du conseil de la SHDM, Jean-Claude Cyr, s’est déclaré «estomaqué» et va confier le dossier à la Sûreté du Québec.
Ramifications?
L’affaire a-t-elle des ramifications jusqu’à l’Hôtel de Ville? C’est ce que croit l’opposition, qui fait déjà référence au scandale des commandites. Le principal mis en cause, Martial Fillion, est en effet un ancien chef de cabinet du maire Tremblay, et deux officiels de haut niveau de son parti ont fait partie des jurys de sélection de la SHDM lors de transactions controversées.
De son côté, le maire Tremblay fait valoir qu’il a tout fait pour que l’information soit rendue publique et que la SHDM revoie ses pratiques. «Il n’y a aucune mention dans le rapport du vérificateur d’une ingérence des élus», a-t-il ajouté.
Le changement de statut juridique de la SHDM voulu par la Ville semble être la source des problèmes, d’après le vérificateur. Il a entraîné des changements de garde au sein du conseil d’administration, mais pas au sein de la direction, donnant un ascendant à cette dernière.
En outre, avec le passage à un statut d’OSBL, les règles d’octroi des contrats étaient devenues beaucoup moins transparentes et contraignantes, ce qui a favorisé les dérapages.