Pervers/Cité, un festival gai alternatif
Moins connu du grand public que les spectacles de Divers/Cité ou le défilé de la fierté, le troisième Pervers/Cité, un autre festival LGBT (lesbienne, gai, bisexuel et transsexuel), commence ce soir. Sa mission est de «redonner une colonne au mouvement LGBT», affirment les organisateurs.
De l’épluchette de blé d’Inde familiale à la visite guidée, en passant par la plus controversée fête sexuelle, une vingtaine d’activités culturelles, sportives et militantes sont inscrites à la programmation du festival, qui se terminera le 16 août. Différents quartiers accueilleront les festivités afin de maintenir une présence à l’extérieur du Village gai.
Queer 101
Les membres de Pervers/ Cité s’associent au mouvement queer né aux États-Unis au début des années 1990. «Les queers s’opposent à tout ce qui est hétéronormatif, c’est-à-dire ce qui reproduit le mode de vie hétérosexuel, explique Laura LB. Personnellement, je ne désire pas être dans une relation de couple monogame, avoir deux enfants et un chien. Je veux pouvoir choisir la façon dont je mène mon existence.»
Au Québec, entre 500 et 1 000 militants graviteraient dans ce milieu, selon les estimations des intervenants rencontrés par Métro. Le groupe Facebook de Pervers/Cité compte plus de 400 membres. «Nous nous faisons connaître par l’entremise de réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille, mais cela n’empêche pas notre mouvement de gagner en popularité», indique un membre qui préfère rester anonyme.
Selon Line Chamberland, professeure de sociologie à l’UQAM, le mouvement queer apporte une réponse au sentiment d’exclusion ressenti par les lesbiennes, les transsexuels, les homosexuels d’autres origines, les handicapés et les pauvres. «Afin de combattre les préjugés homophobes, les militants du mouvement gai ont mis de l’avant des hommes blancs en couple qui réussissent professionnellement, constate-t-elle. Cela a marginalisé ceux qui ne correspondent pas à cette image.»