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Montréal demande plus d’aide en itinérance

Soraya Martinez Ferrada pendant un point de presse à l'hôtel de ville.
Soraya Martinez Ferrada Photo: Olivier Robichaud / Métro
Maïté Paradis - Collaboration spéciale

«Moi, je ne peux pas me substituer au gouvernement du Québec, mais je ne peux pas attendre.» À la suite de la découverte d’un bambin dans une tente du campement Notre-Dame, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a interpellé les candidats aux élections provinciales à agir en matière d’itinérance.

Jeudi matin, en point de presse, le chef libéral Charles Milliard a interpellé la mairesse de Montréal à propos de l’enfant d’un an retrouvé dans le campement installé par des personnes en situation d’itinérance sur la rue Notre-Dame, vendredi dernier.

«Il y a eu des manquements graves», a-t-il dit, qualifiant la situation «d’une tristesse infinie».

Le chef libéral a refusé de prendre position en faveur ou en défaveur d’un démantèlement du campement. Il a appelé «tous les gens qui ont déjà eu la confiance des Québécois pour se mêler du dossier» à «passer à l’attaque».

En réponse à cette interpellation, Mme Martinez Ferrada a dénoncé jeudi matin que la première ministre sortante, Christine Fréchette, et le chef du parti en tête dans les sondages, Paul St-Pierre Plamondon, ne soient pas encore venus la rencontrer en personne.

«Si c’est des candidats qui prennent la situation au sérieux […], il faut venir rencontrer la mairesse de Montréal qui porte actuellement presque 50% des enjeux d’itinérance au Québec», a-t-elle énoncé.

Elle a également demandé davantage d’aide de la part du gouvernement provincial, soutenant qu’elle évaluait les leviers légaux à sa disposition.

Le campement Notre-Dame est situé sur un terrain appartenant en partie au ministère des Transports et de la Mobilité durable. «Si Québec ne peut pas régler cet enjeu, on va s’occuper de la friche, avait-elle dit. On ne peut plus attendre après le gouvernement quand des enfants se retrouvent dans un campement.»

Les chefs de parti réagissent

Les chefs des principaux partis politiques étaient nombreux à réagir à cette nouvelle, jeudi matin. «C’est gênant pour notre société, [on est] riche», a réagi le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, en point de presse à Longueuil.

La coporte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a jugé compréhensible l’appel à l’aide de la mairesse de Montréal. Elle souligne que Mme Martinez Ferrada n’est pas la première mairesse à demander au provincial d’investir davantage en la matière.

«C’est possible de régler l’itinérance, a réagi Mme Ghazal. Ce que ça prend, c’est des investissements et une volonté politique ferme.»

De son côté, la première ministre sortante et cheffe de la Coalition Avenir Québec, Christine Fréchette, veut «éviter que [cette situation] se reproduise à tout prix.»

«Ça fend le cœur, a-t-elle ajouté, je ne peux pas croire.»

Ce que les partis proposent

En réponse à ce fiasco, Charles Milliard a vanté son plan «des plus ambitieux» en matière d’itinérance. Il a rappelé que l’ancien président de la Mission Old Brewery, James Hughes, se présente dans Vaudreuil sous la bannière libérale.

«Ça prend davantage d’intervenants pivots, davantage de logements sociaux et abordables, multiplier les investissements dans des programmes comme PRISM pour [prévenir l’itinérance]», a-t-il assuré.

Inspiré par le programme Housing First imaginé par la Finlande en 2008, le chef péquiste promet de réduire l’itinérance de 50% durant son mandat grâce au principe de «l’habitation en premier».

«Si on veut sortir les gens de la rue, ça prend du logement proportionnel au nombre de personnes sur le territoire», a avancé M. St-Pierre Plamondon. «Et ça va prendre de l’accompagnement autour de ces logements.»

Il a rappelé sa promesse de faire de l’itinérance «la priorité sociale du PQ».

Le chef péquiste avait affirmé lors du débat de TVA qu’il prendrait personnellement en charge cet enjeu si son gouvernement passe au pouvoir et qu’il serait le «superministre» de l’itinérance.

«Ça va être moi, ça va être mon projet, a-t-il affirmé. L’objectif, c’est de réduire l’itinérance de 50% durant le mandat et ce sera une affaire personnelle pour moi.»

La cheffe de la CAQ, quant à elle, a rappelé qu’un «plan national de lutte contre l’itinérance» est en préparation par son gouvernement.

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