Le contrôle des armes à feu 20 ans après Polytechnique
Le contrôle des armes à feu, c’est le cheval de bataille des familles des victimes du 6 décembre 1989 ainsi que de plusieurs étudiants de la Polytechnique. Dans les semaines qui ont suivi la tragédie, des étudiants ont fait circuler une pétition pour interdire les armes militaires.
Récemment, Suzanne Laplante-Edward, la mère d’une des victimes, a insisté sur la nécessité du contrôle des armes dans une lettre ouverte, et a rappelé «la dévastation que peut faire une seule carabine en seulement 22 minutes.» C’est en 1995 que la Loi sur les armes à feu à été adoptée à Ottawa. Contestée par plusieurs provinces canadiennes, la Loi a été validée en 2000 par la Cour Suprême du Canada.
Bien que les coûts d’implantation ont explosé – il dépasse le milliard de dollars -, le registre des armes feu est un outil essentiel pour les policiers. Il est consulté en moyenne 10 000 fois par jour au Canada. Selon la Coalition pour le contrôle des armes à feu, le nombre d’homicides commis avec une arme à feu a diminué depuis deux décennies. En 1991, 271 crimes étaient perpétrés avec une arme à feu, contre 200 en 2008. «Pour le Service de police de Montréal (SPVM), le registre est très efficace pour prévenir les risques associés aux armes à feu et pour élaborer des stratégies de prévention de la criminalité», explique l’inspecteur du SPVM, Daniel Rousseau.
Des changements en vue?
Aujourd’hui, le registre fait l’objet d’une modification. La députée conservatrice manitobaine Candice Hoeppner a proposé d’exclure les armes de chasse du registre. Le projet de loi C-391 a été adopté en deuxième lecture. Reste à voir le résultat du vote après la troisième lecture. «Nous demandons son maintien intégral et complet, a insisté l’inspecteur Rousseau. Il ne peut pas y avoir une ponction dans la cueillette d’informations.»
«Le Ruger Mini 14, l’arme semi-automatique utilisée à Polytechnique, est encore et toujours vendu comme un fusil de chasse sans restriction, a écrit Mme Laplante-Edward dans sa lettre ouverte rendue publique le mois dernier. Avec le projet de loi C-391, nous ne saurons plus qui possède cette arme, ni quels sont les sept millions d’autres carabines et fusils en circulation au Canada.»