Budget provincial 2010-2011: Le transport en commun devrait être bien servi
Le président de la Société de transport de Montréal (STM), Michel Labrecque, s’attend à obtenir sa part dans le prochain budget de Québec, qui sera déposé le 30 mars prochain. «Dans le budget, il devrait y avoir une source dédiée, indexée et récurrente de financement des transports collectifs», a fait savoir M. Labrecque.
Selon lui, tout converge pour que le transport en commun soit bien servi. À la Conférence de Copen-hague, le premier ministre Jean Charest s’est donné comme cible de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. Par ailleurs, le transport en commun a gagné 15 % de plus d’usagers dans la région métropolitaine de 2003 à 2008, et la voiture a perdu 1 % de ses adhérents, selon l’enquête Origine-Destination de l’Agence métropolitaine de transport.
Qui plus est, la STM a connu un achalandage record l’an passé, en pleine période de ralentissement économique. Celui-ci a atteint 382,8 millions de déplacements. «S’il n’y a rien [dans le budget], il va falloir qu’on me l’explique parce que, de prime abord, je ne comprendrai rien», a soutenu le président de la STM.
Taxe d’accise ou péages
La Communauté métropolitaine de Montréal a réclamé une augmentation de la taxe d’accise sur l’essence de deux cents afin de mettre fin aux déficits structurels des sociétés de transport. «La taxe d’accise dans la région métropolitaine est à 1,5 cent depuis 1996, a dit Michel Labrecque. On trouve cela complètement inadéquat». La STM aimerait que cette hausse soit plus importante – la taxe d’accise atteindrait 13,2 cents par litre – et l’argent recueilli servirait à financer des projets de transport en commun, comme le prolongement du réseau de métro, l’instauration de lignes de trolleybus et le retour du tramway à Montréal.
Si le ministre des Finances Raymond Bachand, ne prévoit pas de nouvelles sources de financement pour le transport en commun, Montréal enclenchera le plan B, qui est le péage régional. «On ne peut pas attendre un autre cinq ans, insiste M. Labrecque. Comment fait-on pour renouveler la flotte de métros? Comment met-on le tramway en place? Comment on électrifie les lignes de SRB?»