Plus d'itinérants en raison de la pénurie de logements
Une croissance de l’itinérance est à prévoir à Montréal si la pénurie de logements perdure. C’est du moins ce que révèle une note de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publiée mardi.
«Nous contestons la stabilisation du marché du logement locatif, a indiqué l’auteur de la note socioéconomique, Guillaume Hébert. Le nombre de familles sans logis au 1er juillet tend à diminuer, mais jusqu’à quel point est-ce un indicateur de la situation?»
M. Hébert a aussi rappelé que le prix des logements a connu une hausse significative et ininterrompue au cours de la dernière décennie. Alliés à la récente crise économique, ces facteurs laisseraient présager un accroissement de l’itinérance dans la métropole.
«Chaque crise économique que nous avons eue au XXe siècle a été suivie d’une augmentation de l’itinérance, a expliqué Guillaume Hébert. Comparée à la dernière crise qui a eu lieu au début des années 1990, celle que nous vivons présentement a affecté plus lourdement l’économie. Cela laisse craindre une importante augmentation de l’itinérance.»
Une possible augmentation de l’itinérance n’est pas sans inquiéter les refuges de Montréal. «C’est très préoccupant, a affirmé Marie-Hélène Houle, directrice du Chaînon. Depuis le mois d’août, on a dû refuser 1 500 demandes d’hébergement. C’est énorme. On cherche ce qu’on pourrait faire de plus.»
La situation est aussi tendue à la Mission Old Brewery. Seuls une dizaine de lits sur les 300 offerts sont présentement disponibles. L’hiver dernier, le refuge a dû ajouter des lits de fortune tant la demande était importante. La prochaine saison froide laisse d’ailleurs présager le pire.
«On est inquiet pour l’automne et l’hiver, a admis la responsable des communications de la Mission Bon Accueil, Debbi Marsellos. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.»