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Les Chiliens unis et fiers

L’angoisse a fait place à la joie dans la communauté chilienne de Montréal, alors que se sont poursuivies, toute la journée mercredi, les opérations de sauvetage des 33 mineurs coincés depuis 69 jours au fond d’une mine au Chili. Réunis jusqu’à tard dans la nuit de mardi à mercredi et encore hier, des dizaines de Chiliens de Montréal ont assisté avec émotion à la remontée des mineurs, devenus pratiquement un symbole de l’unité chilienne.

«Plusieurs événements nous ont séparés par le passé, a noté Frank San Martin, vice-président marketing chez Medios de Comunicacion Hispanos de Montréal et directeur des événements à l’Association des Chiliens du Québec. Il y a eu le coup d’État de 1973, puis des dissensions politiques et des problèmes liés à l’immigration. Nous avons souvent été très partagés. Cet événement nous a rapprochés.»

La métropole ne compterait pas de membres des familles des mineurs, selon les recherches faites par l’Association des Chiliens. La volonté de vivre cet événement historique «en famille» n’en était pourtant pas moins forte au sein de la communauté chilienne. Certains membres des communautés péruvienne et colombienne se sont également joints à la fête.

Les avancées techniques qui ont été réalisées depuis deux mois afin de permettre le sauvetage des 33 hommes font  la fierté des Chiliens. «Nous retiendrons la débrouillardise du nouveau gouvernement, qui a réagi très rapidement et qui a mis au point des plans de sauvetage efficaces, a expliqué M. San Martin. Il a fallu tout inventer pour aller chercher les mineurs.» Les opérations de sauvetage devaient se terminer au cours de la nuit. MM. San Martin et Ojeda ne comptent pas quitter le local de leur association avant que le dernier mineur n’ait été arraché du cÅ“ur de la terre.

«Après la remontée des  quatre premiers mineurs, l’opération est entrée dans une sorte de routine, a expliqué Nelson Ojeda. Mais nous ne serons pas rassurés tant que tous les hommes ne seront pas sortis.» «La remontée des derniers hommes est peut-être moins stressante, mais elle n’est pas moins importante, a ajouté Frank San Martin.  Il s’agit d’un moment émouvant. »

Un cirque médiatique?
Près de 2 000 journalistes se sont rendus aux abords de la mine chilienne qui gardait 33 mineurs captifs depuis 69 jours afin de partager la fin de leur calvaire. Les Chiliens de Montréal étaient divisés, hier, entre la joie de pouvoir vivre en direct le sauvetage des 33 hommes et le cynisme face à un événement qui a donné lieu à un cirque médiatique. «À mon avis, le gouvernement chilien a trop tourné l’opération en cirque, a indiqué Frank San Martin. Il l’a utilisée comme une campagne de publicité. Le gouvernement a peut-être un peu trop forcé la note, mais c’est facile de le critiquer. J’aurais sans doute fait la même chose si j’avais été au pouvoir.»

M. San Martin espère qu’au terme de l’opération,  le gouvernement ira au-delà de l’image et s’attaquera aux problèmes de sécurité qui existent dans les mines au Chili.

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