Journal de Montréal: Quinze jours pour décider de son avenir
Après 764 jours de bataille acharnée, les syndiqués du Journal de Montréal ont finalement décidé d’accepter la proposition du médiateur nommé par Québec pour dénouer l’impasse avec Quebecor. Les lock-outés ont voté à 64,1% en faveur d’un retour à la vie normale, samedi.
Cette décision entraînera d’importantes réflexions chez les quelque 230 employés toujours liés au Journal de Montréal. Puisque l’entente intervenue prévoit que seules 62 personnes réintègreront les bureaux du quotidien, près des trois quarts des syndiqués perdront leur poste.
Le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM) a obtenu un délai de 15 jours pour permettre à ses membres de faire le point sur leur situation et sur leur avenir.
«Les gens auront des décisions difficiles à prendre, a admis la président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau. Les indemnités de départ représentent parfois des montants substantiels. Les gens devront décider s’ils prennent leur retraite, s’ils investissent une partie de leur indemnité de départ pour racheter les années qui leur manquent pour prendre leur retraite ou s’ils retournent au Journal de Montréal.»
Des discussions entre Quebecor et le syndicat au sujet d’un protocole de retour au travail devraient s’amorcer après la période de réflexion accordée aux syndiqués. Le cas des neuf employés congédiés en juillet 2010 et des 115 autres employés suspendus pour des périodes variant d’une semaine à un an sera étudié à ce moment.
Quebecor a affirmé être prêt à rencontrer le syndicat «prochainement». Claudette Carbonneau espère que ces négociations se dérouleront rondement.
Il semble toutefois acquis que, peu importe la tournure des discussions, le retour au travail des syndiqués ne sera pas de tout repos. «Un retour au travail n’est jamais facile après un conflit, a indiqué Mme Carbonneau. Ça donne toujours lieu à des situations tendues.»
La CSN a par ailleurs affirmé avoir l’intention de continuer de se battre en vue d’une modernisation des dispositions de la Loi anti-briseurs de grève. «La ministre du travail, Lise Thériault, avait des réticences à moderniser la loi pendant le conflit, a rappelé Claudette Carbonneau. Sa philosophie, c’était qu’on ne changeait pas les règles du jeu quand la partie était commencée. Mais là, l’horizon est libre.»
Le STIJM estime que le recours à des travailleurs de substitution a permis à Quebecor de prolonger le conflit et l’a privé d’un rapport de force équilibré.