«L'espionnage» du vérificateur général: les élus s'entre-déchirent
Le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, qui exerce de façon indépendante, estime que le contrôleur général, Pierre Reid, qui dépend de la Ville, a illégalement intercepté ses courriels pendant 10 mois. En plus, contrairement à ce que prétend la Ville, les documents piratés concernent ses dossiers de vérification en cours, et leur quantité est énorme.
Jacques Bergeron, dont les enquêtes ont égratigné la Ville à plusieurs reprises depuis un an et demi, parle «d’espionnage systématique». Une caméra a même été installée en face de ses bureaux.
Les élus de l’opposition se demandent maintenant s’ils n’ont pas eux aussi fait l’objet «d’espionnage» de la part du contrôleur général. Lundi, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, a fait parvenir un lettre au conseiller à l’éthique de la Ville, à qui elle demande un resserrement des règles entourant l’intrusion informatique.
Les deux partis d’opposition demandent la démission de Pierre Reid. Ils veulent aussi que son supérieur, le directeur général de la Ville Louis Roquet, soit blâmé. De son côté, l’administration justifie les agissements de M. Reid par le fait qu’elle soupçonne le vérificateur d’avoir donné des contrats de façon irrégulière. Elle se défend d’avoir agi illégalement. «Il y a un vide juridique; le ministère des Affaires municipales va légiférer», a déclaré hier le maire Gérald Tremblay à la séance du conseil municipal.
Le maire, qui n’a pas suffisamment d’élu au conseil pour destituer son vérificateur général – il faut les deux tiers – a renvoyé la balle dans le camp du ministère. Le vérificateur général est convoqué aujourd’hui par le conseil municipal, pour une deuxième fois en huit mois.
À suivre…
Le vérificateur général Jacques Bergeron n’a toujours pas reçu la confirmation qu’on lui a bien remis tous les documents piratés. Et plusieurs autres questions demeurent :
- Les partis d’opposition obtiendront-ils la démission du contrôleur général Pierre Reid?
- Lequel des deux hommes sera blâmé par le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard?
- Qui, de Pierre Reid ou de Jacques Bergeron, sera désavoué par l’administration municipale montréalaise?
- Jacques Bergeron aura-t-il à répondre des gestes litigieux qui lui sont reprochés par l’administration municipale?
- Le contrôleur général a-t-il demandé l’«espionnage» d’autres employés – ou élus – municipaux?