Montréal
13:50 12 juillet 2013 | mise à jour le: 12 juillet 2013 à 16:09 temps de lecture: 3 minutes

Abandons de poulets, un problème même à Montréal

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) déplore que de plus en plus de ménages montréalais abandonnent leurs poules ou coqs. Chaque semaine, la SPCA trouve au moins un animal, a expliqué Alanna Devine, en entrevue à la CBC.

«Depuis 6 mois, nous remarquons un afflux plus important de poules récupérées par la SPCA et, ce qui nous surprend, c’est que ces animaux sont à l’aise avec les humains. Nous voyons beaucoup de poules pondeuses, mais aussi des coqs de fantaisie élevés pour des expositions.»

Selon elle, les gens ne réalisent pas les efforts nécessaires pour élever une poule qui peut vivre près de dix ans après avoir fini de pondre des œufs.

Pour Liz White, de l’Alliance canadienne pour les animaux, qui tente d’empêcher la légalisation de l’élevage de poules à Toronto, la ville est une source de nombreux problèmes notamment le manque de connaissance des propriétaires et la rareté des ressources pour soigner les oiseaux, puisque les vétérinaires ne sont pas normalement formés pour soigner ces animaux.

Pire ailleurs
Puisque l’élevage est interdit depuis 1966 à Montréal, les chiffres sont moins importants que dans certaines villes américaines. Le problème est en forte hausse dans de nombreuses grandes villes canadiennes qui ont légalisé l’élevage de poules pondeuses, dont Victoria, Guelph, Kingston, Niagara Falls, ou Vancouver.

À Minneapolis, aux États-Unis, le refuge Chicken Run Rescue, a adopté près de 500 poules en 2012, dix fois plus qu’en 2001, quand le centre a ouvert.

«C’est la faute de ces stupides foodies [amateurs de nourriture souvent biologique], a lancé Mary Britton Clouse de Chicken Run Rescue, en entrevue à la chaine NBC. Les gens ne savent pas du tout ce qu’ils font!»

Pour Alanna Devine, l’élevage de poule ne doit pas dépasser le stade des projets-pilotes à Montréal pour éviter que Montréal ait un bilan comparable aux autres villes.

«Les gens ont de la difficulté à prendre soin de leurs chats et de leurs chiens, a-t-il indiqué à la CBC. Et vu la quantité d’animaux que nous hébergeons, il serait difficile à comprendre pourquoi leur élevage serait accepté dans les villes.»

Elle concède que vouloir fuir l’agriculture industrielle est intéressant, mais elle croit que les citoyens devraient concentrer leurs énergies, non pas sur l’élevage de poules, mais sur la recherche de meilleures solutions comme des fermiers qui font une agriculture responsable ou même sur une alternative à des œufs.

L’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, qui a autorisé un projet-pilote d’élevage de poules pour des organismes à vocation éducationnel, ne ferme pas la porte à la légalisation, mais attend des études de la Santé publique avant de prendre une décision.

«C’est intéressant, mais nous voulons jouer de prudence et attendre de voir quelles seraient les conséquences de la cohabitation entre les volailles et les humains», a expliqué le responsable des communications de l’arrondissement, Serge Fortin.