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Le financement des services de police municipaux est inéquitable, dénoncent des syndicats

Le financement des services de police municipaux au Québec est inéquitable, ont dénoncé mardi des syndicats de policiers. Les villes dont la surveillance est assurée par la Sûreté du Québec (SQ) reçoivent des subventions qui couvrent 47% du coût de ce service.

Les autres, comme Montréal, qui ont leur propre corps policier, ne reçoivent rien.  «Sur l’île de Montréal, il y a le quart de la population du Québec et on fait face au tiers de la criminalité, a déploré le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur. Alors, pourquoi subventionner les services de base offerts dans des villes desservies par la SQ ,mais pas ceux de Montréal?»

Depuis la réforme de la carte policière, qui date de 2001, plus de 1,7 G$ ont été distribués aux municipalités dont les services policiers sont fournis par la SQ, a mentionné le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), Denis Côté. «Il est temps que cesse cette iniquité», a-t-il clamé mardi.

M. Côté a ajouté que 70% de la population du Québec, répartie dans 103 municipalités ayant leur propre service de police municipal, est lésée par l’actuel système de financement. Avec leurs impôts, ils contribuent à la fois aux services de police local et national ainsi qu’au Fonds des services de police, dans lequel pigent les municipalités desservies par la SQ.  En 2010, le gouvernement a placé environ 235 M$ dans ce fonds.

Pour résoudre cette iniquité, la FPMQ souhaite que Québec crée un fonds des services de police municipaux  et qu’il y injecte annuellement pas moins de 500 M$. Si l’iniquité est ainsi corrigée, Montréal pourrait recevoir environ 200 M$ par année, selon M. Francoeur.

La Ville de Montréal croit aussi qu’il existe une iniquité. Elle l’explique par le fait qu’en tant que métropole, elle est la seule municipalité qui doit être dotée d’un service de niveau 5 qui comprend, entre autres, la gestion des événements terroristes, des interventions lors de prises d’otage ou les enquêtes sur le trafic d’armes. «On demande un montant minimum de 30 M$ par année à Québec pour qu’il reconnaisse l’effet métropole», a dit le responsable de la sécurité publique de la Ville de Montréal, Claude Trudel.

Depuis 2008, le ministère de la Sécurité publique mène des discussions – auxquelles participe la FPMQ – sur le financement des services policiers et la desserte de la SQ.  Impossible toutefois de savoir quand ces pourparlers déboucheront sur des recommandations, a indiqué l’attaché de presse du ministre, Mathieu St-Pierre.

Les syndicats font fausse route, avance l’APPQ
Les chiffres lancés par la FPMQ et la Fraternité des policiers de Montréal n’ont pas été validés, mardi a répliqué l’Association des policiers provinciaux du Québec. «Lors de la dernière rencontre du Conseil des services policiers du Québec, les experts du ministère ont été clairs à cet effet : (…) il faut à tout prix éviter de lancer des estimations sans que l’ensemble des paramètres et des indicateurs objectifs n’aient été pris en compte», a indiqué par communiqué le président de l’association, Jean-Guy Dagenais.

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