Fin de tourmente pour le tourisme à Montréal
Les touristes sont de retour dans la métropole. Selon le bilan 2010 de l’Association des hôtels du grand Montréal (80% de l’offre hôtelière), le nombre de nuitées vendues s’est élevé à 4,1 millions en 2010. «C’est 8,24% de plus qu’en 2009 et aussi le meilleur score de la décennie», explique Pierre Bellerose, porte-parole de Tourisme Montréal.
Conséquence, le taux d’inoccupation des chambres d’hôtels a baissé à 35 % en 2010 (contre 40 % en 2009). Il s’agit malgré tout du second pire score de l’industrie. Car malgré la récession, la construction d’hôtels a été florissante à Montréal (+10% de chambres en cinq ans).
Les touristes américains (14 % des 7 millions de visiteurs, mais 22 % des recettes de l’industrie) sont eux aussi de retour. «De janvier à octobre, leur nombre a augmenté de 7% par rapport à l’année dernière», précise M. Bellerose. Même constat du côté du tourisme d’affaire dont la croissance était de 11 % au dernier trimestre.
Cinq tendances pour 2011
1-Mobilité. «2011 sera l’année de la mobilité en tourisme, selon Pierre Bellerose, porte-parole de Tourisme Montréal. Avec l’essor des téléphones intelligents, c’est toute la façon dont on gère les kiosques d’information qu’il faut revoir. Avec la géolocalisation, vous savez désormais en un clin d’Å“il, par exemple, où se trouvent les restos les plus proches et quelles sont les critiques des anciens clients.
Selon le PhoCusWright’s Canadian Online Travel overview, 10 % des Québécois ont utilisé un téléphone intelligent lors de leur dernier voyage pour trouver des services locaux ou des attraits touristiques. Et 5% l’ont utilisé pour gérer leur itinéraire.
2-Autenticité. «Les voyageurs ne se contentent plus des « must » et veulent vivre une expérience locale», selon Pierre Bellerose. À ce sujet, des quartiers comme le Mile-End, la Petite-Bourgogne ou la rue Notre-Dame Ouest pourraient tirer leur épingle du jeu d’après lui. Le défi pour ces quartiers sera de faire sortir le touriste «centripède » qui hésite à sortir trop loin du périmètre de son hôtel ou des stations de métro.
3-Googlisation. En juin 2010, Google rachetait le logiciel de réservation de voyages ITA Software pour 700 M$. Même si la transaction doit encore être approuvée par les autorités fédérales américaines, «le géant Google suscite la suspicion de toute part, notamment de la part des intervenants de l’industrie du voyage», note Karine Miron sur le site d’Adviso. Même si Google ne se lancera pas dans la vente de voyages en ligne, et que Google applique la philosophie «don’t be evil», ils craignent notamment que Google ne favorise ses clients ou ne prenne trop de place sur le marché.
4-Religiosité. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme religieux, même s’il reste un tourisme de niche, devrait croitre de 20 % en 20 ans. Montréal, avec Saint Frère André, l’oratoire Saint Joseph (3e lieu le plus visité à Montréal après le casino et le Vieux-Port) et près de 500 édifices religieux a beaucoup à offrir, selon Pierre Bellerose. La couverture médiatique par le New-York Times, le Washington Post, le Toronto Star et le Globe and Mail de la canonisation de Frère André devrait porter ses fruits.
5-Gastronomie. Il n’y a qu’à voir le nombre d’émissions télé et la popularité des livres de recettes pour comprendre que la gastronomie peut être un atout pour une destination touristiques comme Montréal. «Les vacances culinaires où les touristes en profitent pour améliorer leurs talents de cordons bleu», sont l’un des exemples de niche de tourisme gastronomique à envisager, selon Maïthé Levasseur, analyste au réseau de veille en tourisme.