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Des idées pour améliorer la gestion des eaux de pluie

En janvier 2012, le Guide de gestion des eaux pluviales deviendra une référence. Le feuilleter, c’est se rendre compte que Montréal en particulier (et le Québec en général) a encore du chemin à faire pour rejoindre une ville comme Portland dans la gestion de ses eaux de pluie.

Pourquoi est-ce important de gérer les eaux de pluie? Elles contiennent plusieurs contaminants comme les particules fines captées dans l’atmosphère, ainsi que du phosphore, des graisses, des bactéries et des métaux lourds récupérés en ruisselant sur le bitume ou les toits. Cette eau contaminée finit par polluer les cours d’eau. De plus, à l’état naturel, 50% de l’eau de pluie s’infiltre dans les sols qui filtrent la pollution permettant ainsi d’alimenter les nappes phréatiques. Mais dans un contexte urbain, l’eau ne s’infiltre qu’en moyenne de 15% dans les sols, résume Mohamad Osseyrane, directeur de projets chez BPR. Une gestion durable des eaux de pluie vise à construire des installations permettant notamment de corriger ces problématiques.

Trois exemples de ce qui serait faisable à Montréal
«Regardez le Lac aux castors qui est régulièrement complètement envasé. On pourrait s’arranger pour que l’eau qui ruisselle des stationnements du parc du Mont-Royal les jours de pluie y aboutisse. Aménagé en fonction, le lac retrouverait alors une utilité écologique en permettant de traiter la pollution issue des eaux de pluie», explique Pierre Bertrand, vp d’Exp, une firme de génie conseil.

Toujours sur le Mont-Royal, on pourrait revoir les fossés d’évacuation le long des chemins qui débordent de partout lors d’une grosse averse. En réaménageant ces caniveaux en paliers avec des petites zones de rétention, on ralentit la vitesse du débit et on favorise les dépôts de sédiments pollués, ce qui permet d’effectuer un prétraitement de l’eau de ruissellement. La gestion de l’eau de pluie en amont, au niveau des toits (toits verts…) est aussi une avenue prônée par le guide. Elle permet notamment de ralentir l’écoulement de l’eau lors des grosses averses qui ont tendance à faire déborder les égouts.

Le guide sera-t-il suivi?
Les spécialistes en conviennent, le guide ne fait que des recommandations. «À terme, on espère qu’il deviendra la norme pour les nouveaux projets», espère Pierre Bertrand. D’autant plus que le Québec est en retard à ce niveau. «On s’est trop longtemps appuyé sur le fleuve et sa forte capacité d’épuration», donne en guise d’explication  M. Osseyrane. D’après leurs estimations, penser à la gestion pluviale de façon durable n’entrainera une hausse des coûts que de moins de 10%. Une hausse compensée par les bienfaits sur l’environnement.

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