Journée occupée pour les indignés montréalais
Les indignés s’affairaient, dimanche, au démantèlement des dernières structures en bois au Square Victoria où le mouvement Occupons Montréal est installé depuis octobre. Invoquant la sécurité, la Ville de Montréal leur avait donné jusqu’à dimanche pour détruire une vingtaine d’abris. Seules les tentes sont désormais tolérées.
«On devrait avoir fini vers 13 heures», a indiqué Alain Berger, un indigné qui s’affairait en matinée au démantèlement du grand tipi trônant au centre du campement.
Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) était d’ailleurs attendu d’un instant à l’autre pour sa tournée quotidienne. «Et on s’entend très bien avec eux», a balancé un indigné sur la défensive.
«On informe tous les jours le service d’incendie de la situation et tout le monde travaille au nettoyage», a poursuivi M. Berger. Cet informaticien de 40 ans continue de travailler cinq jours par semaine depuis 1 mois tout en dormant dans sa tente le soir.
Les constructions en dur seront remplacées par six tentes militaires pouvant héberger jusqu’à 10 personnes chacune. Elles ont été achetées à un fournisseur ontarien «sensible à la cause», selon M. Berger. D’une valeur de 1500$ à neuf, le mouvement a pu mettre la main sur des tentes usagées à 650$ chaque. Elles seront données en priorité aux gens qui logeaient dans les structures en bois et une remplacera le tipi.
Au moment où les deux représentants du SIM effectuaient leur tournée vers 11 h 30, le tipi n’était pas encore totalement détruit. Mathieu Tallard, 34 ans, en a profité pour faire le point avec les deux hommes.
La combustion artisanale et un abri tempo transformé en cuisine pose toujours problème. L’installation ne respecte pas la définition d’une tente selon les critères de Santé Canada et devait être démontée avant midi. «C’est irréaliste, a souligné M. Tallard. On aurait besoin de cinq jours, le temps de commander une toile spéciale», a estimé cet ancien directeur artistique.
À 12h30, le grand tipi n’existait plus. Les indignés espèrent maintenant pouvoir se concentrer sur leur message. La question des abris a toutefois permis de faire parler du mouvement, ont reconnu MM. Berger et Tallard.
Pendant que plusieurs s’activaient sur le campement, des auteurs ont fait une lecture publique de leurs oeuvres, à l’appel des écrivains Jean Barbe et Bertrand Laverdure.
Une vingtaine d’auteurs, dont plusieurs participaient au Salon du livre de Montréal, étaient sur place. Parmi eux, se trouvait l’écrivaine Josée Bilodeau. «Je suis émue par ce mouvement, c’est un symbole magnifique », a-t-elle affirmé.
Le mouvement des indignés au Canada
- Toronto : les indignés ont reçu un avis d’éviction. Ils ont comparu à la Cour supérieure de l’Ontario pour contester l’avis. Une décision sera rendue lundi.
- Vancouver : les indignés ont jusqu’à 14 h lundi pour enlever toutes les tentes selon un ordre de la cour Suprême de la Colombie-Britannique.
- Québec : la Ville maintient la pression sur les indignés pour qu’ils démantèlent leur campement. Un abri permanent a été démoli par des employés de la Ville, vendredi.