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À la pêche aux chauffards qui textent

Photo: Yves Provencher/Métro

Dans le cadre de la campagne 100 % vigilant, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mène mardi une série d’opérations de répression pour sensibiliser les automobilistes à l’utilisation du cellulaire au volant. Les distractions de ce type seraient responsables de près d’un tiers des accidents routiers, selon eux. Métro a pu accompagner des agents du SPVM lors d’une opération de contrôle, lundi.

«Vous allez voir, ça sera pas long, la pêche va être bonne», nous lance l’inspecteur André Durocher, de la division de la sécurité routière et des patrouilles spécialisées.

cellulaire au volant

Nous embarquons dans un véhicule «banalisé» du SPVM, une fourgonnette blan­che surélevée, sans insigne ni gyrophares extérieurs, qui offre une vue sur l’intérieur des véhicules. Cela permet aux agents d’observer, tout en restant incognito. Le SPVM mise de plus en plus sur ces véhicules difficiles à repérer pour lutter contre les infractions à la sécurité routière, selon M. Durocher. «La conduite d’une person­ne qui texte au volant, de loin, ça ressemble à quelqu’un aux facultés affaiblies», lance M. Durocher.

À peine 10 minutes après avoir débuté la patrouille, les agents aperçoivent un premier contrevenant sur le boulevard René-Lévesque. Un homme d’une cinquantaine d’années, au volant d’une fourgonnette blanche, texte clairement, cigarette à la bouche. Les policiers ralentissent à ses côtés pour permettre au photographe de Métro de prendre des clichés du flagrant délit. Le conducteur semble totalement inconscient de la présence des policiers jusqu’à ce que ceux-ci allument leurs gyrophares et l’interceptent.

«Si je tiens une feuille dans ma main, ce n’est pas une infraction, alors pourquoi le cellulaire ça l’est?», demande l’homme, visiblement mécontent. «Ah bien, monsieur, c’est la loi, vous pouvez vous plaindre au gouvernement», rétorque l’agent René Bellemare, qui participe souvent à ce genre d’opération.

Le suspect reçoit une contra­vention de quelque 120 $ et perd trois points d’inaptitude. «Les gens sursautent souvent quand on leur dit qu’ils perdront des points. C’est plus dissuasif que l’amende», confie M. Durocher.

Quelques minutes plus tard, sur la rue Sherbrooke, l’agent Roger Lévesque voit un VUS noir qui hésite entre deux voies. «Regardez-la, elle ne regarde même pas la route!» s’exclame-t-il. Au volant du véhicule, une femme dans le début de la vingtaine tient un téléphone intelligent vert lime. Lorsque les agents allument les gyro­phares, elle panique et emprunte la rue Mansfield à contresens pour se garer. «Vous le voyez, les gens qui textent au volant ne sont vraiment pas dans notre monde, ils sont totalement déconnectés», laisse tomber M. Lévesque.

cellulaire au volant

Comme pour prouver son point, il aperçoit une trentaine de minutes plus tard un jeune homme qui texte au volant d’une familiale grise arrêtée à un feu rouge. L’agent s’approche du véhicule du côté du passager et invite le photographe à le suivre. Même avec un agent en uniforme et un photographe à la fenêtre, ce n’est que quand l’agent cogne à la vitre, une quinzaine de secondes plus tard, que le conducteur sursaute.

Garés au coin de Guy et René-Lévesque, les agents interceptent trois autres personnes en à peine cinq minutes. Ils en voient tellement qu’ils ne peuvent pas tous les interpeller. Au cours de la patrouille, ils nous indiquent une bonne dizaine d’automobilistes qu’ils ne peuvent pas intercepter, puisqu’ils circulent en sens inverse.

cellulaire au volant SPVM

En un peu moins de deux heures, les policiers donnent six contraventions pour cellulaire au volant. «C’est moins que d’habitude, parce qu’on est occupés à vous parler, fait remarquer l’agent Bellemare. D’habitude, en 4 heures, on en arrête facilement de 25 à 30.»

Un conducteur surpris à texter à un feu rouge: «Je ne conduisais pas, j’étais parké!»
Même immobilisés à un feu rouge, les automobilistes qui textent contreviennent à la loi. «Un gros pourcentage des gens qu’on intercepte, c’est aux feux rouges. Les gens se disent que c’est sécuritaire, puisqu’ils ne roulent pas, affirme l’agent René Bellemare. Mais, quand même, ils ne sont pas au courant de ce qui se passe autour d’eux.» D’après la loi de 2007, qui a instauré l’interdiction, les automobilistes ne peuvent pas avoir de cellulaire dans les mains lorsqu’ils conduisent. «Avoir dans les mains un appareil muni d’une fonction téléphone, peu importe si elle est activée ou non, ce n’est pas permis», précise l’agent Roger Lévesque.

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