Denis Coderre se veut rassembleur
Pour son premier discours en tant que président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le maire Denis Coderre s’est posé en rassembleur. C’est l’une des six priorités pour la prochaine année qu’il a présentées devant les élus du Grand Montréal.
Il souhaite d’abord et avant tout faire en sorte que les représentants des 82 municipalités de la CMM «voient grand» et abandonnent «l’esprit de clocher». Il s’est aussi refusé à voir l’exode des Montréalais vers les banlieues sous l’angle de la compétition régionale. «Ça, c’est la vieille mentalité du Eux et du Nous. Avec moi, ce sera un gros Nous. Au 21e Siècle, il faut raisonner en terme de métropole», a-t-il ajouté.
Le maire de Montréal veut aussi obtenir un nouveau pont Champlain sans péage, régionaliser le transport en commun, faire entrer le Grand Montréal dans le club sélect des régions intelligentes, concrétiser le développement de quartiers durables et pérenniser le soutien d’Ottawa au logement social.
Parmi les batailles attendues, le maire Coderre veut revoir les règles de gouvernance du transport en commun. Denis Coderre voudrait en somme que l’Agence métropolitaine de transport (AMT) ne s’occupe plus que d’opérer les trains de banlieue et que la planification revienne aux élus de la métropole.
L’ancienne directrice de l’AMT, Florence Joncas-Adenot, abonde en partie en ce sens. «Ce qu’il faut, c’est un lien intégré de planification qui répond aux besoins du Grand Montréal tout en respectant la représentation du gouvernement du Québec, qui finance la majorité des investissements», explique-t-elle.
Dans le dossier du pont Champlain, Denis Coderre a réitéré son intention de se faire entendre et a appelé à l’unité des autres municipalités. «Ma stratégie en environnement, ce n’est pas d’être une plante verte», a-t-il déclaré, en répétant son opposition au futur péage.
Le maire de Montréal est revenu sur la plus belle réalisation de la CMM, le fameux Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). Ce Plan, adopté en 2012, prévoit d’aménager la métropole dans une perspective de développement durable. «Le PMAD est déjà à l’origine de la Trame verte et bleue et de plans de développement de la zone agricole», a souligné M. Coderre.
Plusieurs groupes écologistes n’ont toutefois pas manqué de souligner que plusieurs municipalités, dont Montréal, ne prêchaient pas par l’exemple en retardant le dépôt de leurs schémas d’aménagement du territoire. Ce document, qui a une valeur légale, précise notamment les zones à protéger dans une optique où la CMM doit viser l’objectif de 17% d’aires protégées.
«On est à moins de deux mois de l’échéance du dépôt de ce document et seulement 2 municipalités régionales de comté (MRC) sur 14 ont déposé leurs documents», déplore Coralie Deny, porte-parole du Mouvement ceinture verte, un organisme qui milite pour la création d’une trame verte et bleue autour de Montréal.