Montréal

Un organisme pro-vie dénonce une pratique d’un CSSS

L’organisme Campagne Québec-Vie critique le CSSS Jeanne-Mance pour leur contribution à la réalisation d’avortements tardifs.

«Ici au CSSS, on fait des avortements jusqu’à 23 semaines de grossesse, selon certains témoignages. J’ai 3 enfants en bas âge et je me rappelle très bien qu’à 23 semaines de grossesse, tu peux jouer avec l’enfant dans le ventre de sa mère», regrette Georges Buscemi, président de l’organisme pro-vie Campagne Québec-Vie, qui se dit contre toute forme d’avortement.

Le CSSS Jeanne-Mance n’a pas souhaité répondre aux propos de l’organisme. «Nous ne souhaitons pas réagir, car nous sommes très soucieux de la sécurité des patients qui reçoivent des soins au CSSS Jeanne-Mance», souligne Martine Dubois, coordonnatrice du Service des communications au CSSS Jeanne-Mance. Elle tient toutefois à préciser qu’aucun avortement tardif ne se déroule entre les murs du CSSS. «Nous avons toutefois le mandat de coordonner les interruptions volontaires de grossesse de troisième trimestre», ajoute-t-elle.

Au ministère de la Santé du Québec, on indique que la loi permet actuellement de réaliser un avortement en tout temps et peu importe le nombre de semaines à toute femme qui le désire. «Dans la législation, il n’y a pas de limite de temps pour faire un avortement», précise Stéphanie Ménard, porte-parole auprès des médias.

Le rôle du ministère est notamment de s’assurer que la femme puisse obtenir cet avortement si elle le désire. Ainsi, si un médecin refuse de réaliser l’interruption de grossesse pour des raisons morales dans le cas d’un avortement tardif, soit après 23 semaines, les femmes sont redirigées vers les États-Unis.

«C’est le CSSS Jeanne-Mance qui pilote l’envoi aux États-Unis. Le ministère leur fourni un budget de 168 000$ par année pour gérer ces demandes. Cela peut servir à faire le suivi, engager des infirmières, entrer en contact avec les médecins aux États-Unis», indique Mme Ménard. Depuis 2005, entre 22 et 42 femmes du Québec se sont rendues annuellement aux États-Unis pour un avortement, selon le ministère. Le CSSS précise qu’en 2010-2011, 22 femmes québécoises se sont rendues aux États-Unis pour faire cette intervention. Elles étaient 23 en 2011-2012, sur les 26 000 avortements réalisés dans les hôpitaux du Québec.

Le CSSS Jeanne-Mance indique dans un document que «parmi les raisons invoquées par les femmes [qui se rendent aux États-Unis pour un avortement tardif] figurent le mode de vie précaire, une situation instable, la toxicomanie, des problèmes de santé mentale ou physique».

Le président de Campagne Québec-Vie critique également le financement de ces services par les fonds publiques. «Moralement, je crois que l’avortement à tout moment est un meurtre. Mais en plus, on m’impose le choix de payer pour ce que je considère être un meurtre», clame-t-il.

L’organisme entame une campagne de «définancement de l’avortement». «L’avortement n’est pas un soin médical. La grossesse n’est pas une maladie. Alors, quand le système de santé croule de toute part, quand certains services de santé sont retirés, je me demande pourquoi on s’acharne à financer quelque chose qui n’est pas un soin médical», ajoute M. Buscemi. Il espère que plus d’options et de prévention soient offertes aux femmes avant l’avortement.

Conditions des médecins

Au CHU Sainte-Justine, un comité d’éthique se rassemble pour évaluer chaque cas d’avortement tardif de femmes qui se présentent à l’hôpital. Mais de façon général, le CHU réalise les avortements après la 23e semaine seulement si l’enfant présente un problème de santé complexe. «Si nous ne sommes pas en mesure d’opérer la pathologie ou l’état du foetus lorsque l’enfant naîtra ou pendant la grossesse, nous ferons l’avortement. Si nous serions en mesure d’opérer pour guérir la pathologie, nous ne ferons pas l’avortement», indique Mélanie Dallaire, porte-parole du CHU Sainte-Justine.

Cadres légaux
Trois cadres légaux régissent l’interruption volontaire de grossesse au Québec:

  • Le collège des médecins veille à la qualité de l’acte médical
  • La Régie de l’assurance maladie du Québec régit le paiement
  • Le ministère de la Santé et des Services sociaux régit l’accessibilité et s’assure que la femme puisse obtenir l’avortement qu’elle demande

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