Culture

Montréal à travers le regard de 7 Iraniennes

Montréal à travers le regard de 7 Iraniennes
Photo by: Yves Provencher/Métro

Elles sont sept artistes iraniennes, pour la plupart fraîchement débarquées à Montréal. Relevant le défi de peindre leur ville d’adoption, ces jeunes femmes ont réalisé des pièces teintées de leur expérience d’immigrantes, utilisant tantôt l’humour, tantôt la mélancolie. Métro a rencontré cinq des sept artistes responsables de l’exposition Montréal, je t’aime, qui s’ouvre demain.

La rencontre
L’exposition a pris naissance à la suite de la rencontre des sept artistes à la galerie Mekic, située sur le Plateau-Mont-Royal. Tenue par des propriétaires iraniens, la galerie est aussi un lieu de rencontre pour la communauté. «Nous sommes toutes au Québec depuis quelques années à peine. Nous avons réalisé que nous cherchons toutes à définir notre place dans ce nouvel univers», confie Maryam Izadifard. Le but de l’exposition est d’illustrer Montréal à travers leurs sept visions singulières. «Nous avons choisi des approches très distinctes. Moi, je me suis inspirée de l’art de rue,
qui est omniprésent à Montréal, et qui rend la ville très attrayante et colorée», souligne Mehrnaz Tanbakoosaz.

Le paradoxe du foulard
«Les Iraniennes qui arrivent ici sont très excitées à l’idée de ne plus être obligées de se couvrir avec un foulard en public», explique Nazanin Afshar. Cette impression de liberté est toutefois amoindrie par l’hiver, observe l’artiste. Le froid pousse les gens à se couvrir durant de longs mois chaque année. «On en vient à ressentir une lourdeur et une fatigue qui rappellent ce que provoque le port du voile», estime Mme Afshar. Cette dernière remarque aussi qu’au Québec, contrairement à ce qui se passe en Iran, les femmes ressentent une moins grande pression sociale à se maquiller et à s’habiller selon les dernières tendances. «C’est agréable de sentir qu’on n’est pas seulement jugées sur son image, mais aussi sur ses idées», dit-elle.

Exposition Montréal Je t'aimeDécouverte du quotidien et des luttes d’ici
Elham Parsian vit à Mont­réal depuis seulement six mois. Elle a décidé de peindre les symboles qui l’aident à se repérer dans son nouvel environnement. Qu’il s’agisse de l’insigne de la Société des transports de Montréal ou d’Hydro-Québec, ces symboles lui permettent de découvrir la métropole et son quotidien. Maryam Tavaf, qui a immigré il y a trois ans, a pour sa part voulu illustrer les luttes communes que mènent les femmes d’ici et d’ailleurs. «En me renseignant sur la Révolution tranquille, j’ai compris que les Québécoises ont longtemps vécu sous l’emprise de l’Église, ce qui me rappelle l’oppression religieuse que subissent les Iraniennes. Aujourd’hui encore, les femmes ont beaucoup à faire pour s’émanciper. La vie n’est rose nulle part», conclut-elle.


Montréal, je t’aime
À la galerie d’art Mekic. Entrée gratuite.
Du 12 avril au 20 mai
Vernissage le 11 avril à 18h.

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