Montréal
20:23 13 août 2014 | mise à jour le: 13 août 2014 à 20:35 temps de lecture: 3 minutes

Promenade Bellerive: la baignade n’est pas illégale

Promenade Bellerive: la baignade n’est pas illégale
Photo: Stéphanie Maunay/TC Média

Peut-on se baigner sur les berges de la promenade Bellerive, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve? La réponse semble complexe. Pour cause, le pictogramme d’un nageur barré d’un trait rouge orne le quai. Pourtant, aucune réglementation n’interdit formellement la baignade à cet endroit.

Ils sont nombreux à aimer marcher le long de la promenade Bellerive et à lorgner avec envie les eaux du fleuve durant les journées de forte chaleur. «Mes enfants s’y sont déjà baignés, mais une fois seulement, car j’ai appris, par la suite, que la baignade y était interdite», explique Karine Bélanger, résidante du quartier.

«Il y a tout le temps des gens qui se baignent, mais généralement là où il y a le moins de visibilité, renchérit Christina Laberge, coordinatrice aux activités à la Société d’animation de la Promenade Bellerive (SAPB). Certains touristes nous demandent aussi de temps en temps si c’est un lieu de baignade.»

Les téméraires qui s’y aventurent ont de bonnes raisons de se cacher, puisqu’un pictogramme affiché semble interdire formellement la pratique. Pourtant, aucun règlement de l’arrondissement ou de la Ville ne le précise.

Une règlementation floue voire inexistante
Pourquoi des panneaux d’interdiction ont donc été installés? Selon les informations obtenues par Le Flambeau, ils ont été apposés pour «sensibiliser les citoyens au danger» et ne seraient que des outils de prévention.

Dans un courriel, la Ville de Montréal confirme qu’il n’y a pas de «règlement formel», mais que compte tenu du danger, elle a «jugé bon de mettre en garde les citoyens».

Le service des communications ajoute que «Montréal ne peut pas interdire, par règlement, l’accès aux berges ou au fleuve», puisque les deux relèvent de compétences provinciales et fédérales. Les personnes qui se baignent à cet endroit ne sont donc pas des contrevenants. «Il n’y a pas de règlementation donc on ne peut pas dresser de constats d’infraction, confirme Sophie Roy, commandante du poste de quartier 23 (PDQ), dans Hochelaga-Maisonneuve. Les seules contraventions émises pourraient correspondre à des amendes sur les heures d’ouverture ou d’autres règles non respectées.»

Légal, mais dangereux
Toutes les institutions insistent sur la dangerosité du site. «Si des citoyens le font quand même, ils doivent être conscients qu’ils le font à leur risque et péril. La plage n’est pas surveillée; il n’y a pas de bouée ni de sauveteurs», rappelle la Ville-centre.

Il y a quelques années, le Saint-Laurent a été passé à la loupe à cet endroit. «On a regardé de près les courants. Le fleuve n’est pas sécuritaire, car les flux maritimes sont trop forts et parfois imprévisibles», souligne Réal Ménard, le maire de MHM. Un fait qui aurait incité les décideurs à écarter le parc de la promenade Bellerive de la liste des sites potentiels pour la création d’une plage.

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