«Les jeunes doivent participer au renouveau du milieu syndical»
Soraya Elbekkali participe au Profil communication–médias citoyens de l’École d’été de l’INM. Elle couvre l’événement en tant que journaliste stagiaire pour Métro.
Corruption, manque de transparence, appareil organisationnel trop lourd: le syndicalisme est en proie à toutes sortes de critiques depuis quelques années. «En ce moment on est dans une grande séquence de renouveau syndical», croit le président du comité jeunes de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et des comités jeunes du syndicat des Travailleurs et Travailleuses Unis de l’Alimentation et du Commerce (TUAC), Maxime Sabourin, 30 ans. Quelle place est réservée aux jeunes dans cette réflexion et quel impact auront-ils sur l’avenir du syndicalisme québécois? Retour sur la question avec Maxime Sabourin.
Les jeunes sont-ils présents dans le milieu syndical?
Oui, de plus en plus depuis le printemps érable, en 2012. Ils y arrivent par leur association étudiante ou lorsqu’ils commencent dans le milieu du travail. Par contre, c’est plus difficile de les mobiliser pour du travail de longue haleine, dans les luttes sociales qui dépassent leur enjeu personnel.
Quel est l’intérêt pour eux d’investir les syndicats?
C’est de pouvoir débattre et d’amener des enjeux qui sont propres à notre génération. Ces enjeux n’existaient pas avant, le marché du travail était plus facile parce qu’il y avait des emplois à la tonne, maintenant c’est vraiment différent. En étant dans les instances, ils peuvent amener des propositions qui vont se refléter dans leurs conditions de travail par la suite. Quand les jeunes passent des idées avec des bons arguments ça ouvre le discours intergénérationnel.
Les milieux syndicaux sont donc accueillants pour les jeunes?
Certains endroits peuvent avoir des réticences, mais c’est juste une incompréhension intergénérationnelle. Certaines personnes qui ont plus d’expérience vont penser que les jeunes veulent tout mettre à terre, révolutionner le monde syndical. Les jeunes ont plutôt une position réformiste. Il s’agit de reconnaitre les batailles qu’il y a eues, les façons de faire qui existent mais en amenant de nouvelles idées ou en proposant de revenir à une façon de faire qui a été oubliée. En débattant on crée un pont entre les deux générations. Au final, c’est quand même deux syndicalistes qui se parlent!