Projet de loi 3: les syndiqués prêts pour la deuxième étape de leur «bataille»
Alors que le projet de loi 3 sur les régimes de retraite devrait être adopté cette semaine à Québec, les syndiqués sont prêts à entrer dans la deuxième phase de leur «bataille».
«Ce n’est pas la fin, a lancé mardi Marc Ranger, porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, devant les cols blancs manifestant à l’hôtel de ville. C’est le début d’un autre combat. Ça va être une longue bataille, et on va se battre aussi longtemps que ça va prendre pour la gagner», a ajouté M. Ranger, qui se dit prêt à porter la lutte devant les tribunaux.
N’ayant pas pu débrayer lors du «Grand dérangement» mercredi dernier, organisé par la Coalition syndicale pour la libre négociation, les cols blancs de Montréal étaient en grève de 24h mardi pour manifester contre le projet de loi 3. Ils étaient plusieurs centaines devant l’hôtel de ville, pancartes et vuvuzelas en main, pour ce qu’ils qualifient de «deuxième phase du Grand dérangement».
Les cols blancs des villes défusionnées de Dorval, Ville Mont-Royal, Kirkland et Westmount participaient également à cette journée de grève.
«C’est un marathon, alors on conserve nos énergies pour faire en sorte de revenir cet hiver encore plus forts, a réagi M. Ranger, questionné à savoir si le mouvement s’essoufflait à l’approche de l’adoption du projet de loi 3. On s’attend à ce que ce soit l’ensemble de nos actions, en plus du recours aux tribunaux, qui fasse en sorte que le gouvernement recule.»
Autour de l’hôtel de ville, plusieurs travailleurs de la Ville de Montréal tenaient à démontrer leur mécontentement envers le projet de loi.
«J’ai 26 ans de service, mais en raison du projet de loi 3, je devrai prolonger mes années de travail d’au moins 7 ans pour être capable de prendre ma retraite», a confié à Métro Isabelle, fonctionnaire à la Ville de Montréal.
Elle estime également qu’elle recevra moins d’argent chaque année pendant sa retraite. «On est pénalisé d’à peu près une vingtaine d’années de travail. On doit payer plus, on devra travailler plus longtemps, pour en avoir moins à notre retraite», résume-t-elle.
«Je crois qu’il faut aller devant les tribunaux, il faut prendre tous les moyens légaux qui sont à notre disposition», a quant à lui fait part Simon, travailleur à la Ville de Montréal. Il y a des personnes qui sont présentement à la retraite qui pourraient voir leur pension diminuer. Ça, c’est inacceptable.»
Les cols blancs de Montréal sont également sans contrat de travail depuis 2011.
«On ne sait pas encore précisément [comment le projet de loi 3 va nous affecter], parce qu’il n’y a pas de négociation entamée. On veut négocier», a ajouté Simon.
Lors de leur dernière journée de négociation, le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SFMM), qui représente les cols blancs, dit avoir reçu l’indication de la part de la Ville qu’elle devait aller se chercher un nouveau mandat de négociation.
«Actuellement, ce qui est scandaleux, c’est qu’on peut retourner en arrière [sur des montants qui ont déjà été négociés] et ça, au niveau d’une démocratie, c’est très mauvais», s’est indigné Simon.
Une partie des services qui sont assumés par les cols blancs n’étaient pas en fonction pendant cette journée de débrayage, alors que d’autres étaient offerts de façon réduite. Les services essentiels devaient toutefois être maintenus, à la suite d’une décision de la Commission des relations du travail rendue lundi.










