Don d’organes: une nouvelle fondation pour aider les familles des donneurs
En 2013, le don d’organes a permis de sauver plus de 450 vies au Québec. Pourtant, les familles des donneurs sont souvent laissées pour compte. C’est pour leur venir en aide que le Dr. Pierre Marsolais de l’Hôpital du Sacré-Cœur vient tout juste de mettre sur pieds une nouvelle fondation.
Dr Marsolais, coordonnateur du Centre régional de prélèvement d’organes pour la transplantation de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, accompagne quotidiennement depuis plusieurs années les familles endeuillées dans le lourd processus du don d’organes.
«Ça fait une bonne douzaine d’années que je réalise qu’il y a un manque, indique Dr. Marsolais. Il existe plein de fondations pour le don d’organes, mais elles sont toutes destinées aux receveurs. »
Un processus décourageant
Lors du décès, la vie des donneurs est prolongée artificiellement de 24 à 48 heures. Un processus souvent synonyme de souffrance et de difficultés psychologiques pour les familles des donneurs, qui ont rarement accès sur place au soutien psychologique dont elles auraient besoin, selon le médecin.
Pour les familles de régions éloignées, la prolongation représente également un coût financier non négligeable, puisqu’elles doivent débourser pour le stationnement, l’hébergement et les repas à l’extérieur de leur milieu.
«Ces familles doivent payer pour sauver des vies. J’ai connu plusieurs personnes qui ont abandonné au milieu du processus, parce qu’elles ne se sentaient plus capables de continuer, pour des raisons financières ou émotives. Notre objectif avec la fondation, c’est de réunir et d’organiser les ressources pour toutes ces difficultés», explique Dr. Marsolais.
Ce genre de situation affecte aussi les familles les plus démunies, notamment les parents qui se retrouvent soudainement monoparentaux.
Pourtant, «le don d’organes permet à l’État d’épargner des milliers de dollars en frais de soin», selon le spécialiste.
Les sommes récoltées par la fondation serviront notamment à venir en aide aux familles des donneurs, mais permettront également de financer la recherche sur le don d’organes, ainsi que la formation des professionnels de la santé afin de mieux les outiller dans leur rôle d’accompagnateur.