Art de vivre
20:31 8 février 2015

Les groupes communautaires inquiets de l’abolition de l’Agence de la santé de Montréal

Les groupes communautaires inquiets de l’abolition de l’Agence de la santé de Montréal
Photo: Métro

Avec l’abolition de l’Agence de la santé et des services sociaux, Montréal sera «comme un navire sans gouvernail pour plusieurs années», craignent 300 organismes communautaires de la région de Montréal.

«Il fallait un organisme qui planifie globalement la santé pour Montréal, estime Sébastien Rivard, coordonnateur du Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM). Il n’est pas adéquat que les nouveaux Centre intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) travaillent séparément, et on doute que le ministère puisse coordonner à partir de Québec ce qui se passe sur le terrain.»

La lutte à l’itinérance, le logement social et la santé mentale, par exemple, sont des enjeux qui concernent, selon M. Rivard, toute l’île de Montréal, et qui devraient faire l’objet d’une action régionale cohérente.

Ces organismes s’inquiètent également que la réorganisation structurelle amène de nombreux professionnels à perdre leur emploi ou leurs dossiers d’expertise, en particulier dans l’équipe de gestion du Programme de soutien aux organismes communautaires.

«C’est important d’avoir des gens qui connaissent bien les dossiers. À partir du 1er avril, nos organismes vont avoir de la difficulté à avoir des réponses au bout du fil. Des appels à proposition et la mise en œuvre de plans d’action risquent d’être retardés», a exposé dimanche M. Rivard. Le regroupement appelle le gouvernement à agir pour préserver «les expertises développées conjointement par le réseau de la santé et des services sociaux et le milieu communautaire».

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a tenu à rassurer les groupes communautaires, tout en comprenant leurs inquiétudes. «Il n’est pas question de perdre de l’expertise», a assuré Mme Charlebois. Elle n’a pas pu dire quelle serait l’ampleur des coupures de postes dans le processus de restructuration, mais elle croit qu’elle sera faible.

«Un CISSS va gérer les budgets du soutien communautaire, en collaboration avec tous les autres et avec les hôpitaux. Les gens vont continuer de travailler ensemble», a affirmé la ministre.

Rappelons que le projet de loi 10 adopté dans la nuit de vendredi à samedi abolit les agences de santé de la province et fusionne de nombreux établissements de santé. À Montréal, cinq CISSS seront ainsi créés.