Deux visions sur les ressources en immigration à Montréal
Alors que Montréal a réclamé mardi plus de ressources en matière d’immigration, des organismes du milieu déplorent l’absence de communication entre eux et la Ville de Montréal.
En entrevue avec Métro, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui regroupe plus d’une centaine de membres, affirme que la Ville ne reconnaît pas les actions menées par ces organismes.
Lionel Perez, responsable des relations gouvernementales au comité exécutif de la Ville, s’est dit surpris de ces propos et croit qu’il s’agit d’une «impression erronée».
Montréal a demandé mardi matin à la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, de reconsidérer son financement à la Ville en matière d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants et de reconnaître son statut de métropole pour l’accueil des immigrants. Dans le cadre des consultations portant sur l’élaboration d’une nouvelle politique d’immigration à Québec, l’administration montréalaise a notamment jugé insuffisante la somme de 3,1 M$ qui lui est allouée de 2014 à 2016 pour soutenir ses actions en matière d’immigration.
M. Perez a fait valoir que 70% des nouveaux arrivants au Québec s’installent dans la métropole, soit 35 000 immigrants par année.
«Le temps est venu de revoir les modes de gestion et de répartition de ces [sommes d’argent] afin d’assurer des ressources à la métropole pour qu’elle puisse remplir adéquatement ses fonctions d’accueil et d’intégration des nouveaux citoyens», a affirmé M. Perez, qui déplore la suspension du programme montréalais de parrainage professionnel en 2014 en raison d’un manque de financement.
Montréal a déposé un mémoire proposant 11 recommandations afin de faire reconnaître son rôle d’importance dans l’immigration au Québec et de revoir le partenariat entre la métropole et Québec.
Mais pour la TCRI, la Ville est plus riche qu’elle ne le pense, clamant que près de 45 organismes à Montréal travaillent à l’accueil d’environ 50 000 nouveaux immigrants par année. «Pour la Ville, c’est comme s’il n’existait pas tous ces services pour les immigrants à Montréal, déplore le directeur de la TCRI, Stéphane Reichhold. Les services existent, mais il n’y a pas de contact avec la Ville. Elle fonctionne dans une bulle.»
M. Reichhnold soutient qu’aucune rencontre n’a eu lieu entre la Ville et ces organismes pour coordonner leurs actions.
«Ils ne sont pas très au courant de ce que l’on fait. Et c’est vrai que nous n’avons que très peu de relation avec la Ville. C’est un peu dommage, parce qu’on peut s’améliorer, on peut être plus efficace», souligne M. Reichhold.
M. Perez assure plutôt que la Ville a eu des rencontres «de façon continue» avec ces organismes. «Nous disons que Montréal devrait avoir un rôle plus important en matière d’immigration. Mais quand je dis Montréal, ce n’est pas seulement les services de la Ville. On travaille en concert avec différents OBNL et on reconnaît tout à fait leur contribution et leur rôle», a-t-il nuancé.
Il rappelle que le mémoire que Montréal a présenté dans le cadre de ces consultations évoque également les succès de ces organismes avec qui il dit avoir de très bonnes relations.