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09:33 23 juin 2015 | mise à jour le: 23 juin 2015 à 10:32

CHU Ste-Justine: les infirmières auxiliaires sur le qui-vive

CHU Ste-Justine: les infirmières auxiliaires sur le qui-vive
Photo: Vanessa Limoges /TC Media

Les infirmières auxiliaires du département de néonatalogie du CHU Ste-Justine sont sur le qui-vive depuis quelques semaines alors que le gouvernement prévoit abolir leurs postes pour les remplacer par un nombre moindre d’infirmières dotées d’un pouvoir décisionnel.

«Il y a un vent de panique dans le département», tranche Justin Lemieux, infirmier au CHU et vice-président de l’information au syndicat des Professionnels en Soins Infirmiers et Cardiorespiratoires de Sainte-Justine.

Le département de néonatalogie du CHU Ste-Justine compte actuellement 280 infirmières, dont 115 auxiliaires qui n’ont pas le pouvoir de prendre toutes les décisions médicales. Le département néonatal du CHU est le seul au Canada qui emploie toujours des infirmières auxiliaires.

«Le modèle que l’employeur propose c’est de retirer les 115 infirmières auxiliaires et de les remplacer par une quarantaine d’infirmières», explique Justin Lemieux, infirmier au CHU et vice-président de l’information au syndicat des Professionnels en Soins Infirmiers et Cardiorespiratoires de Sainte-Justine.

Leur rôle
Les infirmières auxiliaires du département de néonatalogie ont à leur charge entre deux et quatre bébés.

Leurs tâches sont vastes; elles changent les couches, s’occupent des gavages, de la mise au sein avec les mères, donnent le bain, ajustent l’oxygène en fonction de la saturation, prennent les signes vitaux, donnent des médicaments par la bouche, administrent vaccins et autres médicaments intramusculaires, assistent les infirmières pour l’installation de voies veineuses, avisent les infirmières chef d’équipe de tous changements ou détérioration, etc.

Des millions en frais supplémentaires
Selon le porte-parole du syndicat,  «le modèle de travail actuel occasionne 25M$ de frais supplémentaires comparativement aux autres hôpitaux».

Le syndicat de l’établissement constate qu’il était inévitable que ce département soit ciblé avec les 15M$ qu’il reste à couper pour la période 2015-2016 au CHU.

«Si toutes les autres unités néonatales au Canada fonctionnent comme ça, je pense que c’est possible, mais c’est dans la façon de le faire qu’il y a un problème», explique une employée qui a désiré garder l’anonymat.

«L’ambiance est lourde sur l’unité parce que les infirmières auxiliaires ne savent pas si elles vont être coupées, ni quand ce sera fait, si elles seront repositionnées ou si, dans ce contexte austère, elles se retrouveront plutôt sur le chômage», «Nous n’avons pas toutes les réponses à nos questions, c’est difficile de savoir ce qui va se passer», souligne une autre employée rencontrée par TC Media.

À la fin mai, un avis d’intention de coupure d’une vingtaine de postes d’infirmières auxiliaires a été émis, mais il n’a pas été appliqué. «Personne n’a reçu de lettre, alors les infirmières se retrouvent en stand-by, explique le vice-président du Syndicat. Ils essaient de faire des changements, mais jusqu’ici les horaires sont tellement chargés que l’employeur n’y arrive pas.»

La conseillère principale des relations médias au CHU Ste-Justine, Mélanie Dallaire, a indiqué que tout ce qu’elle pouvait dire pour le moment, c’est que l’administration «revoyait actuellement le modèle de réorganisation des soins en néonatalogie au CHU Ste-Justine».

Lettre au ministre
Le 31 mai, les syndiqués de la Fédération de la santé et des services sociaux adressaient une lettre au ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Gaétan Barrette, pour connaitre la réelle position du MSSS face à l’avenir des infirmières auxiliaires au Québec.

«Avec l’application de compressions budgétaires majeures et l’entrée en vigueur de la loi 10, nous sommes à même de constater que certains établissements ont décidé de retrancher des infirmières auxiliaires des unités de soins tels qu’en néonatalogie, aux urgences et de les remplacer par des infirmières ou infirmières cliniciennes. À notre avis, il s’agit d’une très mauvaise utilisation des compétences des membres de l’équipe de soins», peut-on lire dans cette lettre.

CHU ste-justine
Les infirmières du CHU Ste-Justine portent le chandail noir en guise de moyen de pression depuis près de deux mois.

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