Soutenez

Aéroport Montréal-Trudeau: tout est en place pour l’accueil des réfugiés

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

C’est sans tambour ni trompette que les réfugiés syriens fouleront le sol canadien. Aéroports de Montréal (ADM), Immigration Canada et la Croix-Rouge ont tout mis en œuvre afin que les réfugiés soient intégrés à leur communauté le plus rapidement et le plus discrètement possible. Une opération qui a nécessité un investissement de 671 M$.

Les avions, attendus dès samedi, seront dirigés vers la porte 17, dans une partie recluse de l’aérogare où aucun autre voyageur n’aura accès. Les passagers et les bagages traverseront des ports d’entrée temporaire installés à même le tarmac, où ils seront contrôlés avec des scanners au rayon X.

Les agents des services frontaliers effectueront par la suite les vérifications d’identité et la prise d’empreintes digitales pour dédouaner les voyageurs.

«Notre expérience en 2006 avec l’arrivée en masse de Libanais et plus récemment avec les 4000 Haïtiens que nous avons reçus [après le tremblement de terre de 2010], nous a permis de mettre au point un plan d’accueil qui n’affectera aucunement les opérations régulières à l’aéroport Montréal-Trudeau», soutient Pierre-Paul Pharand, vice-président à l’exploitation aéroportuaire.

Les nouveaux arrivants devront subir un examen médical sommaire dans une aire de quarantaine afin d’isoler toute possibilité de maladie infectieuse. Des agents d’inspection des aliments veilleront aussi à ce qu’aucune trace de nourriture, de plantes et d’animaux, qui pourrait constituer un danger à la «biosécurité» du Canada, ne les suive dans leur périple au Canada.

Par groupe de 20 à 30 personnes, ils prendront place dans une des quatre navettes qui les amèneront vers le centre de bienvenue, aménagé dans les anciens bureaux d’archives fédérales sur la Montée de Liesse.

Des aires de repos, des téléphones et même internet seront mis à leur disposition en plus de l’accès à des soins.

Processus sécurisé
Les Syriens en partance des camps de Jordanie et de Turquie seront résidents permanents canadiens dès leur embarquement.

«Les enquêtes auront été faites avant leur départ. Les antécédents médicaux et criminels seront notamment vérifiés», précise Patrick Lefort, directeur à l’Agence des services frontaliers.

Chacun n’aura qu’à se soumettre aux formalités habituelles d’entrée au pays avant de recevoir les papiers nécessaires à leur intégration, comme un numéro d’assurance sociale et une carte d’assurance maladie temporaire.

Les réfugiés seront accompagnés en tout temps par des agents d’immigration. Le centre administratif sera aussi sécurisé que les bâtiments de l’aéroport.

Les autorités espèrent effectuer le processus complet pour 300 personnes, de leur arrivée jusqu’à ce qu’ils quittent accompagnés de leurs parrains, en seulement trois ou quatre heures.

«Chaque étape sera hautement sécurisée du début à la fin, peu importe l’heure de la journée. La seule différence, c’est qu’elles ne se dérouleront pas sur le site de l’aéroport», assure Vito Vassallo, directeur des opérations à Immigration Canada.

Services de soutien
Des dizaines d’employés de l’aéroport Montréal-Trudeau, dont trente interprètes, ont déjà signifié leur volonté d’aider bénévolement pour faciliter l’accueil des réfugiés.

«Une équipe de médecins et de psychologues sera aussi présente. Une ambulance dédiée sera sur place. Nous sommes associés à trois hôpitaux, dont Sainte-Justine, où des ressources seront réservées dans l’éventualité où il y aurait des soins urgents à prodiguer aux réfugiés», explique Geneviève Guilbault, porte-parole pour l’Association de Sécurité civile du Québec.

Une fois les étapes administratives terminées, les nouveaux Canadiens n’auront qu’à faire quelques pas pour être réunis avec leurs familles ou leurs parrains qui les attendront dans un immeuble situé à moins de 20 mètres du centre de bienvenue.

Les réfugiés parrainés par le gouvernement seront quant à eux transportés graduellement à leur hébergement intérimaire géré notamment par la Croix-Rouge. Six bases militaires ont été identifiées, soient prioritairement Valcartier et Kingston, ainsi que Meaford, Petawawa, Trenton et Borden.

Aide aux réfugiés
Une ligne téléphonique unique d’aide aux réfugiés a été mise en service mardi à Montréal.

«Cela permettra de soulager les organismes bénévoles présentement inondés d’appels. Ce sera un point de chute pour dire où on peut donner, investir ou offrir son temps comme bénévole pour l’accueil de ces victimes», a déclaré le maire Denis Coderre.

Info-aide réfugiés: 514-527-6951

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.