Montréal
06:00 26 janvier 2016 | mise à jour le: 26 janvier 2016 à 06:00 temps de lecture: 4 minutes

Monter dans le bus par la porte de son choix

Monter dans le bus par la porte de son choix
Photo: Archives Métro

Comme cela se fait à Vancouver, Toronto et San Francisco, la Société de transport de Montréal (STM) veut permettre à ses usagers d’embarquer par les portes arrière de ses bus. Elle tentera l’expérience le printemps prochain sur une de ses lignes. Zoom sur une mesure préférentielle qui peut accélérer le service.

Vraiment plus vite?
L’embarquement par toutes les portes permet avant tout de réduire le temps d’arrêt des bus et, du même coup, d’accélérer le temps de leur course. Une étude de l’Université McGill, réalisée en 2014, rapporte que les bus sont arrêtés de 9 % à 26 % du temps durant leur trajet. Si les usagers peuvent embarquer par toutes les portes, ce temps d’arrêt pourrait diminuer jusqu’à 13 %, en plus de mieux répartir la clientèle dans les bus. La Ville de Toronto a décidé en décembre dernier de permettre à ses usagers de monter dans ses tramways par les portes arrière puisqu’elle avait constaté grâce à un projet pilote qu’elle pouvait réduire de 7 % leur temps d’arrêt. San Francisco a de son côté amélioré la vitesse de ses bus, qui est passée de 13,5 à 13,8 km/h.

Comment payer?
La STM a prévu permettre seulement aux usagers qui détiennent une carte Opus d’embarquer par la porte arrière, a rapporté son directeur général, Luc Tremblay, en décembre dernier. Leur titre ne sera pas validé puisque, dans le cadre du projet pilote qui durera quelques mois, le système de perception sera basé sur l’honneur. OC Transpo, qui est responsable du réseau de transport en commun à Ottawa, permet depuis les années 1980 l’embarquement par toutes les portes des bus de grande capacité. Quand ils y embarquent, les usagers doivent valider leur titre de transport sur l’unité de contrôle Presto. Transport 2000, qui est en faveur de l’embarquement par toutes les portes des bus, croit que l’entrée des usagers doit être contrôlée afin que les données d’achalandage soient justes et que le taux de fraude soit maintenu à un bas niveau.

Qui contrôle?
Puisque les usagers qui embarquent à l’arrière sont loin des yeux des chauffeurs, des agents de surveillance ont été embauchés, notamment à Ottawa, Toronto et Vancouver, pour s’assurer que tous les usagers d’un même bus ont bel et bien payé leur passage, sinon des amendes oscillant entre quelques dizaines et quelques centaines de dollars sont imposées. La STM procédera de même dans son projet pilote.

Les chercheurs de l’Université McGill, Colin Stewart et Ahmed El-Geneidy, mentionnent dans leur étude que les sociétés de transport doivent déterminer l’ampleur des pertes qu’elles sont prêtes à accepter avec l’implantation de l’embarquement à toutes les portes. Ils précisent aussi que les frais engendrés par le «all door boarding» seront compensés par les économies réalisées au chapitre des coûts d’opération.

Et à Montréal?
Plusieurs modalités du projet pilote qui permettra aux Montréalais de monter dans les bus par les portes arrière font toujours l’objet de réflexion à la STM. Métro a malgré tout pu apprendre que la ligne 121 Sauvé/Côte-Vertu est envisagée en raison de la fréquence de passage élevée des bus et
de son achalandage de 40 000 usagers par jours. Cette ligne a été mentionnée par les chercheurs de l’Université McGill, qui pensent que l’embarquement par les portes arrière des bus doit être permis sur les lignes très achalandées qui comportent plusieurs arrêts. L’AMT réfléchit aussi à cette possibilité. Elle n’a pas de projet précis en ce sens, mis à part le SRB Pie-IX. «La perception des titres se fera dans les stations, donc avant l’embarquement, ce qui permettra aux clients d’embarquer dans les autobus articulés par les trois portes», a indiqué la porte-parole de l’AMT, Fanie Clément Saint-Pierre.

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