Créer des événements écoresponsables
Cette année, pas moins de 82 événements québécois ont soumis un dossier de candidature pour la cinquième édition des Vivats, le gala qui récompense les festivals et les événements les plus écoresponsables du Québec. Voici ce que font certains des organisateurs d’événements les plus efficaces en matière d’environnement.
Recyclage. Même si la Fête des neiges de Magog a reçu 15 000 visiteurs en 2015, elle n’a envoyé que 80 kg de déchets au dépotoir. En parallèle, elle a récupéré 447 kg de matières recyclables telles que les bouteilles de plastique ou les canettes, et généré 1 650 kg de compost en récupérant les déchets de table et en utilisant de la vaisselle biodégradable. Bilan final : un taux de valorisation des déchets de 96 %. «Pour un événement extérieur et grand public, c’est un chiffre hors du commun. D’habitude, on arrive plutôt à 35 % environ», lance Caroline Voyer, directrice générale du Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER). Pour obtenir ce résultat, il faut revoir jusqu’à l’ergonomie des poubelles. «Contrairement aux trous, les couvercles permettaient de ralentir les gens dans leur action et, ainsi, de les amener à prendre conscience de la meilleure façon pour eux de valoriser le rebut», indique le dossier de candidature des organisateurs du festival.
Alimentation. Lors du dernier cocktail annuel d’Équiterre, 93 % des ingrédients avaient voyagé moins de 108 km, soit la distance entre Montréal et une ferme de l’Estrie qui fait partie du réseau de fournisseurs de paniers biologiques de l’organisme environnemental.
En outre, 81 % des 5 252 bouchées (dont un fameux beignet de courge et son coulis de framboise) étaient végétariennes, et 63 % étaient biologiques, le tout sans aucune viande rouge. «De plus, les bouchées ont été distribuées de manière efficace durant la soirée, pour ainsi proposer un événement 100 % sans gaspillage», indique le groupe environnemental dans son dossier de candidature. Afin d’éviter les pertes, le traiteur Vincent Lafleur souligne l’importance d’avoir suffisamment de serveurs, d’offrir des canapés variés et à un rythme régulier (au moins 50 par minute pour satisfaire 350 convives), «sinon les gens se lassent et partent plus tôt, ce qui occasionne du gaspillage».
Transport. Pour être carboneutres, les organisateurs de la Coupe Rogers et du Festival de jazz font analyser par le Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER) le moyen de transport et la distance parcourue de tous les joueurs et tous les artistes pour se rendre à Montréal.
Ils font de même pour les bénévoles et les membres de la direction, afin de mesurer leur empreinte carbone. «On évalue aussi la facture de gaz et d’électricité. Dans le cas de la Coupe Rogers, on va jusqu’à comptabiliser l’utilisation d’essence pour les séchoirs de terrain», indique Maude Lapointe, conseillère en développement durable au CQEER. L’organisme tente même d’évaluer si les joueurs ou les artistes ont voyagé en classe affaires, «car comme ce type de siège occupe deux fois plus de place dans l’avion, il faut en tenir compte», ajoute Mme Lapointe. L’année dernière, les crédits compensatoires achetés par Tennis Canada se sont élevés à 4 000 $ et ont permis de financer des activités de reboisement de l’organisme Planetair au Québec. Ceux du Festival de jazz se sont élevés à 50 000 $.