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Les fédérations étudiantes s’inquiètent de la «chasse» aux carrés rouges

Les fédérations étudiantes s’inquiètent de la «chasse» aux carrés rouges
Photo by: Chantal Lévesque/monscoop@journalmetro.com

La FECQ et la FEUQ se sont dites inquiètes et même choquées du profilage envers des citoyens portant le carré rouge par les policiers au cours du Grand Prix.

Les fédérations étudiantes ont dénoncé dimanche les interpellations et les arrestations préventives de personnes dans le métro ou sur l’île Notre-Dame parce qu’elles portaient le symbole des étudiants en grève.

Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), juge que cette situation est «extrêmement dommage». «Il ne faudrait pas que les Québécois aient peur de dire ce qu’ils pensent, c’est extrêmement dangereux pour une société si les citoyens ne se sentent plus à l’aise de s’adresser à leur gouvernement. On sent que c’est ce qui est en train d’arriver», a-t-elle affirmé.

«J’ai peur que l’on fasse de la ségrégation en raison du port du carré rouge alors que des personnes très pacifiques le portent, a ajouté Martine Desjardins, présidente la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Je m’explique mal cette nouvelle tendance.»

Dimanche après-midi, une trentaine de personnes ont été arrêtées sur l’île Notre-Dame de façon préventive en vertu de l’article 31 du Code criminel. Il stipule qu’: «un agent de la paix, qui est témoin d’une violation de la paix, comme toute personne qui lui prête légalement main-forte, est fondé à arrêter un individu qu’il trouve en train de commettre la violation de la paix ou qu’il croit, pour des motifs raisonnables, être sur le point d’y prendre part ou de la renouveler».

Martine Desjardins a rappelé que des contestations contre le Grand Prix ont lieu chaque année et a déploré le fait qu’elles soient systématiquement attribuées aux étudiants cette année. Du reste, la FEUQ s’est dite consciente du danger de récupération du mouvement étudiant par d’autres groupes plus radicaux, telle que la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC-Montréal).

Ce groupe a organisé au cours du week-end des activités de perturbation du Grand Prix, notamment des manifestations. Dimanche matin, une alarme incendie a été déclenchée dans le métro la station Berri-UQAM.

Les Fédérations ont insisté sur le fait qu’elles allaient continuer à mobiliser de façon pacifique les étudiants au cours de l’été. La FEUQ a par ailleurs distribué des carrés rouges lors des FrancoFolies. «Quatre personnes sur cinq prennent le carré et le portent avec fierté, donc on voit aussi le soutient de la population», a-t-elle déclaré.

La FECQ en mode préélectoral pour l’été

Au terme de son congrès, qui s’est tenu le week-end dernier, la FECQ annonçait son plan d’action pour les prochaines semaines. En plus de participer aux deux manifestations prévues le 22 juin et le 22 juillet par la CLASSE, la stratégie des étudiants sera d’élargir les enjeux au-delà  de la mobilisation.

«On va élargir notre message, car on sent qu’il y a un malaise au sein de la population québécoise. Ce malaise est dû à un gouvernement, qui est fermé à la discussion, aux changements, qui n’est pas l’écoute de sa population et rejette du revers de la main un cri un du cœur de toute une génération», a déclaré Éliane Laberge, présidente de la FECQ.

Il s’agira surtout d’une campagne de sensibilisation et d’appels à la manifestation afin de garder la population active et d’entretenir la réflexion. «Ce sera une sorte de campagne préélectorale pour rappeler notamment aux gens l’importance de choisir un gouvernement qui est en accord avec nos valeurs.»

L’objectif sera également de sensibiliser les jeunes à l’importance des élections alors que ce taux de participation est beaucoup plus bas chez les 18-24 ans que dans le reste de la population.

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