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Craintes autour d’une «apparence d’ingérence» du maire auprès du SPVM

Mayor Denis Coderre, left, swears in Philippe Pichet as the new Montreal Chief of Police at City Hall on Friday, August 28, 2015. THE CANADIAN PRESS/Peter McCabe Photo: Peter McCabe / La Presse canadienne

Les voix s’élèvent et dénoncent une «apparence d’ingérence» du maire de Montréal dans les activités du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L’opposition officielle à la Ville de Montréal va demander au gouvernement du Québec qu’un commissaire indépendant soit nommé pour faire la lumière sur les relations entre la police de Montréal et le bureau du maire, a annoncé Projet Montréal mercredi.

«La séparation des pouvoirs est un principe sacré. On a suffisamment d’indices qui nous laissent croire que cette séparation des pouvoirs a été mise à mal», a indiqué le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, mercredi en fin de journée.

Il a rappelé les récentes manifestations à Montréal-Nord. «Les policiers semblent indiquer que leur comportement aurait été influencé par des préoccupations politiques du maire et qu’il y avait eu une décision de ne pas intervenir auprès des gangs de rue lors d’une manifestation qui avait tourné au vinaigre», a souligné M. Ferrandez. Il ajoute que la tenue d’une élection partielle au même moment pour la mairie de Montréal-Nord pour être en cause.

Concernant les changements dans le module des communications du SPVM annoncés cette semaine, Projet Montréal se demande «pourquoi est-ce le directeur de la Ville qui a approuvé cette structure».

Mercredi, une lettre de la Fraternité des policiers de Montréal envoyée à ses membres a circulé sur les réseaux sociaux dans laquelle on mentionne que «le [SPVM] procède actuellement par le biais des enquêtes internes à une opération que les journalistes qualifient de Chasse aux sorcières». Les hauts dirigeants tenteraient ainsi de savoir qui sont les policiers qui donnent de l’information aux journalistes. Le syndicat soutient qu’il y a une «présence de plus en plus évidente du maire Coderre dans les affaires policières» et invite les policiers à «refuser toute demande de passer au polygraphe».

Projet Montréal souhaite qu’un commissaire indépendant procède à des entrevues auprès des policiers «pour voir si vraiment le maire de Montréal est intervenu personnellement auprès de la direction de la police de Montréal pour influencer la conduite des opérations policières». «Un maire qui dit à la police quoi faire dans le cadre d’une élection partielle c’est quelque chose qu’on n’aurait pas vu à Montréal depuis des décennies, depuis Duplessis en fait», a fait part Luc Ferrandez.

Denis Coderre soutient quant à lui qu’il s’agit d’une «game syndicale» dans la foulée des moyens de pression des policiers. «Je ne boirai pas de leur kool aid. Je ne tomberai pas dans la théorie du complot», a-t-il répondu aux journalistes. Il rappelle que tous les partis ont choisi le nouveau directeur du SPVM, et «il fait un excellent travail, dit-il. Son rôle est de s’assurer que la structure fonctionne et il peut réorganiser», dit le maire.

Lorsqu’on lui demande s’il est vrai qu’à l’intérieur du SPVM on tente de savoir qui sont les policiers qui parlent aux journalistes, il répond: «Avez-vous des preuves de ça? Parce qu’il y a un mémo du syndicat ce serait vrai? C’est une game syndicale. La réalité c’est que les opérations policières et la structure appartiennent au leadership du chef de police et il fait un excellent travail.»

Pour Luc Ferrandez, les négociations syndicales ne seraient pas la raison. «Quand les employés se mettent à parler, c’est généralement pas à leur profit personnelle, c’est à la défense de l’institution. Quand c’est le code d’éthique, que eux respectent, qui est bafoué, c’est là qu’ils se mettent à parler», estime-t-il.

Défense du chef de police

En entrevue à la radio de Radio-Canada, mercredi en fin de journée, le chef de police Philippe Pichet, a reconnu qu’il y avait des enquêtes internes auprès de certains policiers. «Quand il y a des manquements, il faut enquêter. Lorsqu’un policier est embauché par le SPVM, il fait un serment d’allégeance et de discrétion. Transmettre toute information qu’on a dans le cadre de notre travail, c’est un manquement», a-t-il justifié.

À savoir si des policiers doivent se soumettre au test du polygraphe, M.Pichet mentionne simplement qu’il y a «différentes techniques d’enquête utilisées».

«Je n’ai pas besoin de la demande de quelqu’un pour faire ce que j’ai à faire. J’ai une indépendance au niveau des opérations policières. C’est mon directeur adjoint qui monte les opérations et me les fait approuver», a répondu M.Pichet questionné sur la possibilité que le maire ait fait des commandes politiques. Le directeur du SPVM soutient qu’il a toutefois une reddition de compte à faire auprès du directeur de la Ville «au niveau de la façon dont [il] dépense le budget».

«Qu’on prenne n’importe quelle décision, on ne sortira pas gagnant. Certains diront qu’on a agit trop vite, d’autres trop lentement», insiste M.Pichet.

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