Bannir les revendeurs des communautés autochtones?
FREDERICTON — De plus en plus de communautés des Premières Nations au Nouveau-Brunswick songent à bannir de leur territoire les revendeurs de drogue afin de lutter contre le fléau des surdoses souvent mortelles.
Léo Bartibogue, un conseiller en toxicomanie dans la communauté micmaque d’Esgenoôpetitj, à Burnt Church, soutient que le village compte de 30 à 40 revendeurs de drogue. Or, il est difficile d’arrêter de consommer lorsque l’offre est aussi abondante, rappelle-t-il.
M. Bartibogue assistait lundi dans sa communauté aux funérailles d’une femme de 35 ans qui serait morte d’une surdose de fentanyl — un opioïde synthétique qui peut être de 50 à 100 fois plus puissant que la morphine. La police a précisé que l’autopsie avait conclu à une surdose, mais on ne sait pas encore de quelle drogue — on attend les résultats des analyses toxicologiques réalisées par Santé Canada.
M. Bartibogue se réjouit que le conseil de bande ait suggéré l’adoption d’une résolution qui bannirait les revendeurs de drogue, comme l’ont fait deux autres communautés des Premières Nations au Nouveau-Brunswick — les Micmacs Elsipogtog et les Malécites de Tobique.
Le chef de Tobique, Ross Perley, explique qu’en vertu de la résolution adoptée la semaine dernière, quiconque serait accusé de trafic de drogue n’aurait plus accès aux services et avantages offerts par la communauté dans les secteurs de l’emploi, de l’aide sociale, du logement ou des redevances.
Au Québec, la communauté de Pikogan, près d’Amos, et celle de Lac-Simon, près de Val-d’Or, en Abitibi, ainsi que celle d’Opitciwan, en Haute-Mauricie, ont l’intention d’adopter une telle résolution ou l’ont déjà fait. Par contre, certains remettent en cause la constitutionnalité de telles résolutions.