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ALÉNA: Trudeau dit non à la «clause crépusculaire»

WASHINGTON, DC - FEBRUARY 13: U.S. President Donald Trump (R) and Canadian Prime Minister Justin Trudeau (L) shake hands during in a joint news conference in the East Room of the White House on February 13, 2017 in Washington, DC. The two leaders participated in a roundtable discussion on the advancement of women entrepreneurs and business leaders. (Photo by Alex Wong/Getty Images) Photo: Getty Images

OTTAWA — Justin Trudeau a révélé avoir dû annuler une rencontre à Washington avec le président américain Donald Trump cette semaine après que la Maison-Blanche eut insisté pour qu’il accepte l’ajout d’une «clause crépusculaire» dans le nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le premier ministre a raconté cette anecdote aux médias, jeudi, au cours d’une rencontre avec la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland où ils ont détaillé la réplique du Canada aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium.

Alors qu’un possible déblocage dans les renégociations de l’ALÉNA semblait se pointer à l’horizon, Justin Trudeau a offert vendredi dernier au président Donald Trump de s’asseoir ensemble, avec le président mexicain Enrique Pena Nieto, pour convenir d’un accord final.

Selon la version du premier ministre, il aurait fait savoir à ses homologues que le nouvel accord «avait l’esquisse d’un très bon accord pour nous tous». Il aurait ajouté qu’une rencontre de quelques heures pour en discuter pourrait peut-être permettre de conclure le nouveau pacte commercial.

D’après Justin Trudeau, le président Trump semblait «ouvert» à l’idée.

Toutefois, un appel du vice-président Mike Pence, mardi, a contrecarré le projet. «Il m’a dit qu’ils étaient contents et ouverts à ce que je descende et qu’on fasse les négociations. Mais avant que je descende, il fallait que j’accepte que l’ALÉNA ait une clause crépusculaire», a rapporté le premier ministre.

Une telle clause réclamée par les États-Unis depuis le début des négociations mettrait fin à l’accord au bout de cinq ans à moins que les trois parties ne décident de le renouveler.

«C’est tout à fait inacceptable pour nous, alors j’ai dit que malheureusement, si c’était une pré-condition, je ne pouvais pas l’accepter», a relaté le premier ministre aux journalistes. «Évidemment, nous ne nous sommes pas rendus à Washington pour faire cette journée de négociation», a-t-il ajouté.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré jeudi que la décision de punir le Canada et le Mexique avec d’imposants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium était appuyée sur les faibles progrès dans les discussions sur l’ALÉNA.

Le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, qui a participé aux négociations de l’accord original au sein du gouvernement de Brian Mulroney s’est dit étonné de la tactique américaine.

«Ce n’est pas la base sur laquelle négocient les adultes matures, a commenté Perrin Beatty. Pour quelqu’un qui se vante d’être un négociateur, habituellement quand on fait des affaires sur la prémisse « qu’on ne gagne que si l’autre perd », on ne reste pas en affaires très longtemps.»

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