Égalité homme-femme: La parole à Alain Cognard
L’égalité homme-femme, est-ce gagné? L’auteur de l’essai Un petit pas pour la femme, un grand pas pour l’humanité, Alain Cognard, n’y croit pas un instant. Selon lui, la lutte est encore plus difficile aujourd’hui. Métro s’est entretenu avec lui lors du lancement de son livre la semaine dernière.
On a souvent l’impression que la femme québécoise d’aujourd’hui est l’égale de l’homme. Pourtant, vous dressez un tout autre portrait dans votre livre. Selon vous, la femme est encore traitée comme une inférieure au Québec…
En fait, si on prend les problèmes isolément et qu’on parle seulement de violence envers les femmes, on a un taux de 25 à 30 %. Ce n’est pas toujours une violence physique grave, mais ça peut être aussi bien des claques, du harcèlement, de l’intimidation ou le simple fait d’être incapable de traverser une rue la nuit parce que tu es une femme. C’est un fardeau en soi de devoir se priver de faire certaines choses parce qu’on est une femme.
Pensez-vous qu’un jour ce sera autrement ou est-ce une fatalité?
Dans nos sociétés modernes, on s’est dit un jour qu’on allait fonctionner avec les principes de liberté et d’égalité. On a tout fait pour que ça fonctionne, mais ça ne fonctionne pas. Et beaucoup de femmes militantes disent que les luttes sont beaucoup plus dures aujourd’hui qu’elles ne l’étaient autrefois. Lorsque les inégalités étaient flagrantes, c’était beaucoup plus facile de revendiquer un changement. Aujourd’hui, c’est plus subtil. Les femmes peuvent aisément devenir ingénieures, mais elles gagnent 80 % du salaire de leurs collègues masculins.
Quelles sont les grandes luttes qui restent à faire pour les femmes?
Combattre les préjugés. Cesser de croire que ça doit être ainsi, que c’est inné et qu’on ne peut pas changer la situation.
Les femmes accusent souvent les hommes d’être responsables de cette situation, mais sont-elles aussi responsables de leur sort?
Les femmes ont tendance à se contenter de ce qu’elles ont. Par contre, ces dernières années, elles sont sur une pente ascendante, alors que les hommes sont sur une pente descendante. Ils ont l’impression, à tort, de perdre des pouvoirs. Mais en réalité, les hommes ont tout à y gagner. Je crois que ce siècle sera celui des femmes.