Jean-François Lisée promet une fin de campagne positive
LONGUEUIL, Qc — Après avoir été critiqué pour ses attaques parfois virulentes contre Québec solidaire et Manon Massé, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a semblé jeudi marquer la fin de cette stratégie.
Il a même jugé la coporte-parole de QS plus crédible que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Finies les attaques? M. Lisée a affirmé jeudi matin qu’il sera positif en cette fin de campagne, et a martelé qu’il est «l’homme du rassemblement».
Le changement de ton s’est observé alors que le chef, après avoir passé plusieurs jours à attaquer QS — en fait depuis le dernier débat des chefs de jeudi dernier — a refusé de poursuivre sur cette lancée.
Jeudi matin, il n’a pas voulu répondre à plusieurs questions portant sur Manon Massé et son parti, et n’a pas non plus voulu commenter la sortie acerbe, la veille, de l’ex-chef bloquiste Gilles Duceppe contre celle-ci.
Au débat des chefs, M. Lisée s’en était pris à la formation solidaire qu’il avait accusée d’avoir un «chef caché» qui tirait les ficelles. Par la suite, il avait soutenu que la formation solidaire avait eu une partie gratuite de la part des médias, qu’elle cachait son programme et manipulait les électeurs en évitant de parler de plusieurs éléments de son programme politique, dont celui de vouloir nationaliser certaines grandes entreprises.
Mercredi, le dirigeant péquiste a reconnu que sa stratégie contre QS n’avait pas fait l’unanimité au sein de son exécutif national, même si le résultat a fait consensus, soutient-il.
«Il ne faut pas personnaliser le débat, a-t-il dit jeudi matin à Longueuil. Il faut plutôt regarder les programmes.»
Celui de QS n’est pas crédible, pas plus que son cadre financier, juge-t-il. Mais son évaluation des chefs est la suivante: «Je suis plus frappé par l’absence de crédibilité de M. Legault que Mme Massé». Car ce dernier a échoué à de nombreux tests de crédibilité, a-t-il ajouté.
Il estime que la coporte-parole de QS maîtrise mieux ses dossiers que son adversaire caquiste.
Ce faisant, M. Lisée a ainsi redirigé ses flèches vers François Legault, comme il l’avait fait en début de campagne.
M. Lisée ne promet pas qu’il n’y aura plus d’attaques de sa part contre les autres chefs, mais soutient que cela ne sera pas la partie dominante de son message. Car celui qu’il veut faire passer est celui du «rassemblement». Mais pas derrière n’importe qui: seul le PQ peut réellement incarner le changement, réitère-t-il.
Si la possibilité d’une coalition a déjà été écartée du revers de la main par le chef péquiste, il promet, si le PQ est élu, de travailler avec tous les autres partis au cas par cas, bref, dossier par dossier. Même avec QS.
Car les ponts ne sont pas rompus de façon irrémédiable.
«Si on forme un gouvernement majoritaire, ce qu’on espère, ou minoritaire, ce qui est une possibilité, on va travailler avec tous les partis. Et on sait que dans certains cas, si ça nous prend une majorité pour introduire une mesure sociale importante, on pourra compter sur l’appui des députés de QS. On le présume.»
Et poursuivant son appel aux électeurs progressistes qui songe à donner leur voix à un autre parti, il a eu cet avertissement à ceux qui rêvent de l’indépendance: si le PQ n’est pas élu le 1er octobre, le Québec s’éloigne sans contredit de cet objectif.
L’appui du Bloc
Des bloquistes semblent toutefois raviver les tiraillements entre les deux formations politiques.
L’exécutif du Bloc québécois de la circonscription de Québec a causé une surprise en appelant les électeurs indépendantistes des circonscriptions de Taschereau et de Jean-Lesage à voter pour… Québec solidaire.
L’organisation locale de la formation politique fédérale les invite plus spécifiquement à donner leur appui «à des candidatures d’exception», en l’occurrence l’ancienne candidate d’Option nationale Catherine Dorion et l’ancien chef de la formation, Sol Zanetti.
M. Lisée n’a pas exprimé de surprise à ce sujet jeudi, notant qu’il est connu que cet exécutif est «dominé par Option nationale».
«On se demandait juste quel jour ils allaient faire ça et il se trouve que c’est hier», a-t-il tranché, pas du tout ébranlé.
À Ottawa toutefois, le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu, a rectifié le tir. Tous les députés du Bloc appuient et votent pour le Parti québécois, a-t-il dit.
«J’ai toujours appuyé le PQ, le parti qui correspond à mes valeurs (…) et qui est le meilleur véhicule pour faire l’indépendance», a dit M. Beaulieu.
«Comme le Bloc Québécois est le seul parti indépendantiste à Ottawa, il compte des indépendantistes de toutes allégeances parmi ses membres», a-t-il aussi été précisé sur la page Facebook de la formation fédérale.