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Discours partisan: François Paradis donne raison à l’opposition officielle

Discours partisan: François Paradis donne raison à l’opposition officielle
Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienneJacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, donne raison à l’opposition libérale qui accuse le vice-président d’avoir livré un discours partisan sur le trône du Salon bleu.

Le leader parlementaire libéral, Sébastien Proulx, avait interpellé M. Paradis vendredi dernier pour lui rappeler qu’aucune partisanerie ne peut être tolérée venant de qui que ce soit qui préside l’assemblée.

Alors qu’il présidait les travaux dans le cadre du débat sur le discours d’ouverture, le premier vice-président de l’Assemblée nationale et député caquiste d’expérience Marc Picard avait déclaré: «Cette grande équipe de la Coalition avenir Québec, formée de députés d’expérience et de nombreuses nouvelles recrues, partage la vision d’un homme, notre premier ministre. J’ose prétendre que cette vision a été inspirée en grande partie par l’Action démocratique du Québec, qui a ouvert la voie à un troisième parti sur l’échiquier politique québécois. (…) En choisissant ce nouveau gouvernement le 1er octobre dernier, les Québécoises et Québécois ont voulu mettre fin à 50 ans de bipartisme et donner une chance à une troisième voix.»

Mardi, M. Paradis a rendu sa directive avec célérité. «Le premier vice-président aurait dû se limiter à remercier ses électeurs, comme il est tradition de le faire», a-t-il tranché.

Il a rappelé les lignes directrices établies en 2001 par le président Jean-Pierre Charbonneau quant à la conduite des vice-présidents, afin que ceux-ci évitent de se placer dans des situations où leur impartialité pourrait être remise en question.

Les règles applicables pour les vice-présidents sont moins rigides que celles qui s’appliquent au président lui-même. Il leur est permis, par exemple, de participer aux débats, de présenter des motions et de voter, en plus de prendre part aux activités politiques de leurs partis à l’extérieur de l’Assemblée nationale ainsi qu’à leurs caucus respectifs.

Toutefois, ils doivent toujours faire preuve de réserve et adopter un comportement de nature à préserver la nécessaire confiance que les parlementaires ont placée en eux lors de leur élection, avait établi M. Charbonneau.

«Ces lignes directrices ont été suivies par les membres de la présidence depuis, et j’estime qu’elles conservent encore aujourd’hui toute leur pertinence», a affirmé M. Paradis en rendant sa directive, mardi.

«Je souhaite que, tout comme le président, les vice-présidents soient des ambassadeurs de ces principes et les transposent dans leurs gestes et leurs paroles, autant à l’Assemblée qu’à l’extérieur», a-t-il ajouté.

Les libéraux se sont montrés satisfaits de la décision, tout en soulignant avoir toujours confiance en M. Picard.

Celui-ci s’est engagé à ne plus assister aux réunions du caucus caquiste, «et ce, dans un souci d’une entière impartialité lorsque je vais présider».

Marc Picard a été élu député de l’Action démocratique du Québec (ADQ) dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière en 2003. Réélu à cinq reprises, il a cumulé les responsabilités de leader parlementaire, de troisième vice-président et de porte-parole en matière de famille, environnement, culture et immigration.

La semaine dernière, il a été nommé premier vice-président de l’Assemblée nationale. Sa collègue Chantal Soucy a été nommée deuxième vice-présidente et la libérale Maryse Gaudreault, troisième vice-présidente.

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