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Tabac: Les maladies pulmonaires tuent deux fois plus que le cancer du poumon

Tabac: Les maladies pulmonaires tuent deux fois plus que le cancer du poumon
Photo: Getty ImagesCork, Ireland

Troisième cause de mortalité au Québec, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) a des effets dévastateurs, rappelle le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), dans le cadre de la Semaine pour un avenir sans tabac.

«On a choisi un slogan-choc, Arrêtez avant d’étouffer, afin de braquer les projecteurs sur la MPOC, a dit le directeur général du CQTS, Marc Drolet. Au Québec, ce sont 470 000 personnes qui vivent avec ce trouble de santé.»

La MPOC demeure méconnue, selon le directeur de la Clinique de la maladie pulmonaire obstructive chronique et pneumologue, Dr Jean Bourbeau.

«Le symptôme principal étant l’essoufflement, les activités quotidiennes, comme s’habiller, deviennent difficiles, ce qui fait que les gens s’isolent. On ne les voit pas, on ne les entend pas.»

Selon le Dr Bourbeau, les préjugés persistants jouent aussi un rôle. «On a tendance à se dire que comme les personnes ont fumé, c’est de leur faute s’ils développent cette maladie, ce qui peut les rendre moins à l’aise d’en parler», a-t-il mentionné.

Au Québec, 30 000 personnes âgées de 35 ans et plus reçoivent annuellement un diagnostic de MPOC. «Ça, c’est sans compter entre 50% et 70% des cas qui ne sont pas diagnostiqués», a ajouté le pneumologue. Dans 85% des cas, la maladie est causée par le tabagisme.

«Aidez un proche à arrêter de fumer, ou mieux, prenez la décision d’arrêter» – Marc Drolet, directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé

Avec cette campagne, le CQTS souhaite voir la population poser des gestes concrets. Pour sa part, le Dr Bourbeau a rappelé l’importance pour les fumeurs ou anciens fumeurs de consulter leur médecin dans le but de faire une spirométrie, un test de mesure de la respiration.

Vapoteuses et cannabis
Le Dr Bourbeau voit d’un mauvais œil la popularité de la vapoteuse chez les jeunes, qui représentent presque un fumeur sur cinq. «Les jeunes qui vapotent sont plus portés à essayer la cigarette ensuite. Le Canada et le Québec doivent se réveiller et mettre en place une loi pour les protéger», a martelé le Dr Bourbeau.

Il a aussi évoqué le cannabis, qui, selon lui, sera un domaine sur lequel plus d’attention sera portée dans les prochaines années, en raison de la légalisation récente. «Les recherches sont en pleine effervescence quant au lien entre le cannabis et la MPOC», a signalé le docteur.