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Le PQ veut faire écho à la colère des régions

Le PQ veut faire écho à la colère des régions
Photo: Graham HughesGraham Hughes / La Presse Canadienne

SAINTE-AGATHE-DES-MONTS, Qc — Évincé des grandes agglomérations aux dernières élections, le Parti québécois (PQ) veut faire écho à la «colère» des régions.

Le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, dit entendre la frustration des gens qui vivent dans les régions et qui s’estiment laissés pour compte depuis quelques années, en raison de plusieurs décisions du gouvernement libéral précédent.

Incidemment, il s’agit des régions où se concentre aujourd’hui la députation péquiste décimée aux dernières élections.

En conférence de presse jeudi au terme d’une réunion de deux jours des députés péquistes à Sainte-Agathe-des-Monts, M. Bérubé a dit que des citoyens lui exprimaient cette «colère».

Il a toutefois refusé d’apparenter cette colère à celle qui prévaut en France dans le mouvement des «gilets jaunes».

«C’est très différent», a-t-il répondu. Les Québécois des régions en ont notamment contre l’image qu’on se fait d’eux.

«Ils sont souvent vus comme (issus) des régions-ressources, alors qu’il y a tellement de créativité. Le fait qu’on est perçu comme des gens qui ont à quémander des éléments, alors qu’il y a des investissements ailleurs au Québec. Il y a une question d’équité.»

Il a évoqué plusieurs problèmes à la source de cette colère. Il y a notamment la disparition des services bancaires, le transport routier et le transport en commun, l’accès aux services de proximité, en santé notamment, ou l’absence d’une couverture internet haute vitesse dans plusieurs secteurs.

Beaucoup de citoyens aimeraient choisir la ruralité mais y renoncent, en raison de ces problèmes, a expliqué M. Bérubé. Il a dit avoir perçu cette frustration autant au Lac-Saint-Jean, dans les Laurentides, que dans le Bas-Saint-Laurent-Gaspésie.

«L’environnement est un enjeu en croissance actuellement, mais une colère des régions, une impatience, c’est un phénomène en émergence au Québec.»

À ses côtés, son collègue, le député de Rimouski, Harold LeBel, dit aussi entendre fréquemment dans son bureau de circonscription la «colère» de ses concitoyens.

ll a dénoncé le «démantèlement» de plusieurs outils de concertation et de développement régional par le gouvernement précédent.

«Il n’y a plus ce signal de l’État selon lequel l’occupation du territoire est importante», a affirmé M. LeBel, qui a déploré que des villages se meurent dans sa région.

Rappelons que depuis sa déconfiture aux élections d’octobre, lorsqu’il est passé de 28 à 10 sièges, le PQ représente essentiellement l’est du Québec désormais, avec comme seules exceptions, une élue à Joliette et une autre à Longueuil.