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Registre des armes: une opposition féroce dans plusieurs villes

Jonathan Hayward / La Presse Canadienne Photo: Jonathan Hayward / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — L’opposition est féroce dans plusieurs municipalités du Québec à la loi provinciale obligeant les propriétaires à enregistrer leurs armes à feu auprès du gouvernement.

Après l’échéance passée cette semaine, 75% des armes d’épaule censées se trouver dans la province n’avaient pas été enregistrées. Et un nombre croissant de conseils municipaux ruraux adoptent des résolutions dénonçant le registre ou demandant sa suppression totale.

La Presse canadienne a confirmé mercredi qu’au moins 15 villes avaient récemment adopté de telles résolutions. Philip Tétrault, maire de Warden, une ville de 400 habitants située à une centaine de kilomètres à l’est de Montréal, a déclaré que le registre était inutile et qu’il finirait comme la version fédérale, dissoute par les conservateurs en 2012 à la suite d’importants dépassements de coûts.

«Dans quelques années, il sera aboli», a prédit M. Tétrault dans une entrevue. «Le registre est peut-être populaire à Montréal et à Québec, mais la majorité des gens [à Warden] sont contre.» Il a dit croire que le gouvernement devrait utiliser les dizaines de millions de dollars qu’il compte dépenser pour le registre au cours des prochaines années pour les soins de santé mentale.

Louise Quintin, porte-parole du ministère de la Sécurité publique du Québec, a affirmé mercredi que près de 15 500 armes à feu avaient été enregistrées au seul jour de l’échéance du 29 janvier. Mais jusqu’à présent, seules 386 253 armes à feu ont été enregistrées sur environ 1,6 million dans la province. Le registre devrait coûter 20 M$ à mettre en place, puis 5 M$ par an à entretenir.

Les propriétaires d’armes à feu ont eu un délai d’un an pour s’inscrire, en ligne ou par courrier, au registre sans frais. Mais ceux qui ne se conforment pas peuvent être passibles de sanctions pouvant aller jusqu’à 5000 $. Mme Quintin a toutefois précisé que les demandes reçues après la date limite seraient traitées sans pénalité.

Elle a dit qu’il incombait à la police de faire respecter la loi.

«Si un agent de la paix entre en contact avec une personne en possession d’une arme à feu, il ou elle a le pouvoir d’examiner l’arme à feu et de vérifier si elle est enregistrée», a indiqué Mme Quintin par courriel. Les champs de tir ou les clubs de chasse n’ont pas à vérifier si les armes à feu sont enregistrées, et n’ont pas à transmettre des informations sur les membres au gouvernement, a-t-elle ajouté.

Un récent sondage mené par Léger du 21 au 26 décembre pour PolySeSouvient a montré que 78% des répondants étaient pour le registre. Rémi Montminy, directeur général de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, a soutenu que sa ville de 1600 habitants située au nord-est de la ville de Québec avait mené son propre sondage ayant montré un rejet du registre par 82% des personnes interrogées. Le sondage n’était pas scientifique et environ 100 résidants ont participé, a-t-il indiqué.

Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud fait partie des villes qui réclament l’abandon du registre. M. Montminy a déclaré que la loi sur les armes à feu, adoptée par le précédent gouvernement libéral, était maintenue par le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec, car les politiciens cherchent à s’attirer la faveur d’électeurs urbains.

Nicolas Malette, maire de Cayamant, une ville d’environ 900 habitants au nord d’Ottawa, a indiqué que son conseil avait adopté une résolution contre le registre lors d’une réunion extraordinaire la semaine dernière.

«Cela fera-t-il une différence? Peut-être, peut-être pas», a-t-il lancé. «Mais nous avons adopté la résolution pour soutenir nos citoyens, qui sont principalement des chasseurs. Nous essayons de faire pression sur le gouvernement.»

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