Pierre Duchesne tente de rassurer les chercheurs
C’est dans un tapage assourdissant que s’est ouverte la 4e rencontre thématique en vue du Sommet sur l’enseignement supérieur, jeudi soir à l’Université du Québec à Rimouski. Une trentaine d’étudiants ont manifesté en frappant à l’aide d’objets sur les murs extérieurs du gymnase où se tenait la rencontre, afin de faire comprendre très clairement leur mécontentement de n’avoir pu accéder à la salle.
La bruyante manifestation qui a commencé vers 19 h s’est poursuivie durant près d’une heure, perturbant notamment les discours du recteur de l’UQAR, Jean-Pierre Ouellet, et du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne. Les manifestants avaient auparavant tenté de pénétrer à l’intérieur des locaux, mais avaient été repoussés par les forces de l’ordre.
Malgré tout, la rencontre thématique portant sur la contribution des établissements et de la recherche au développement du Québec s’est ensuite poursuivie dans le calme. Le ministre Pierre Duchesne a, d’entrée de jeu, déclaré que son gouvernement soutiendra avec vigueur la recherche. Après avoir déclaré, cet après-midi, qu’une nouvelle politique de recherche et d’innovation prendrait effet à l’automne 2013, il a précisé ce soir qu’elle serait lancée dès le printemps.
Voulant visiblement rassurer les chercheurs et le milieu universitaire, le ministre a précisé que le Québec est bien positionné à l’échelle internationale sur le plan de la recherche. « Par rapport à la taille de son économie, le Québec investit davantage en recherche universitaire que tous les pays de l’OCDE, à l’exception de la Suède et du Danemark. »
Le ministre a également identifié plusieurs enjeux et défis à l’égard de la contribution des établissements et de la recherche, dont le développement social, culturel et économique des régions du Québec, l’obligation de faire face aux changements démographiques, l’attractivité du Québec et de ses régions auprès des étudiants et des chercheurs étrangers, l’équilibre à créer entre les différentes formes de recherche et les sources de financement.
Les premières heures de cette 4e rencontre en vue du Sommet des 25 et 26 février ont aussi été l’occasion, pour des chercheurs et des universitaires, d’exprimer leurs craintes face aux coupes annoncées récemment dans les fonds de recherche par le Gouvernement du Québec. « Il faut qu’on évite de faire table rase de ce qu’on a mis des décennies à bâtir », a déclaré le recteur de l’UQAR, Jean-Pierre Ouellet. De son côté, Geneviève Tanguay, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation à l’Université de Montréal, a passé un message limpide au ministre : « Il se dessine une énorme tempête à l’horizon, mais il est encore temps de changer de cap. Je vous invite à la plus grande prudence pour ne pas mettre en péril notre capacité d’innovation, au Québec. »
Cette rencontre se poursuit vendredi alors que seront entendues les opinions de plusieurs partenaires, dont la Conférence des recteurs, la Fédération des cégeps, la FTQ, la CSN, la Fédération étudiante collégiale et la Fédération des chambres de commerce.
La hausse des frais de scolarité et le financement des programmes de recherche seront parmi les enjeux majeurs du Sommet sur l’enseignement supérieur, qui se déroulera dans le contexte où des compressions de 124 millions $ sont appliquées dans le réseau des universités québécoises pour le budget en cours. À l’UQAR, ces compressions sont de l’ordre de deux millions $. Par ailleurs, le Gouvernement du Québec a annoncé récemment des coupes de 31 millions $ dans les budgets de fonds de recherche.