Élections fédérales: le Bloc québécois donne espoir aux nationalistes

Élections fédérales: le Bloc québécois donne espoir aux nationalistes
Photo: Pablo Ortiz/MétroYves-François Blanchet et Gilles Duceppe

Le poing en l’air, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a livré un discours souverainiste lors du rassemblement du Bloc québécois, dimanche. « Ça fait plaisir de revenir à Pointe-aux-Trembles, j’ai l’intime conviction que ça va redevenir une terre souveraine », a-t-il mentionné devant les militants et les membres du parti.

Évoquant la vente d’Air Transat à Air Canada, l’ancien chef du Parti québécois a réaffirmé son intention de s’investir pour protéger les intérêts économiques du Québec. « Dorénavant, mon implication au niveau économique c’est de faire en sorte que nous gardions nos entreprises », a-t-il soutenu critiquant le premier ministre François Legault qui n’aurait pas levé « un seul petit doigt » pour s’opposer à l’achat d’Air Transat par Air Canada.

Le grand patron de Québecor a répété que les Québécois devaient s’affranchir du Canada et qu’il voulait protéger l’environnement. « Ce n’est pas vrai qu’au Canada on va venir nous kidnapper cette grande richesse. On a pas besoin de gaz carbone, on est déjà impliqués dans la protection de l’environnement », a affirmé M. Peladeau devant les 350 membres présents au rassemblement.

Officiellement élu comme candidat dans sa circonscription, Mario Beaulieu a vanté la loi sur la laïcité du « nouveau gouvernement un peu plus nationaliste » du Québec. « Je pense que s’il n’y a pas de député du Bloc Québécois pour défendre le droit du Québec de décider de sa politique d’intégration et d’immigration, ça va être très difficile. »

L’ancien président de la Société Saint-Jean Baptiste a aussi évoqué la « mauvaise presse du nationalisme québécois. »

« Parce qu’on veut exister en tant que peuple, parce qu’on veut parler notre langue, la langue de nos ancêtres, on se fait traiter de racistes et c’est inacceptable. »

Le chef du parti Yves-François Blanchet est arrivé au rassemblement à bord d’une navette fluviale avec l’ancien chef bloquiste, Gilles Duceppe, et une poignée de candidats. Lors de son discours, M.Blanchet s’est dit confiant en l’idée que le Bloc Québécois fera des gains sur l’Île de Montréal aux prochaines élections.

Le vote québécois

Selon le politologue André Lamoureux, les élections au Québec seront un jeu de domino à trois partis. Il pense ainsi que le Bloc Québécois qui connait une remontée au Québec sera une menace pour les Conservateurs. « On sent un renouveau avec le Bloc Québécois et il est possible qu’il nous réserve des surprises », a-t-il expliqué. Il estime que le parti souverain pourrait aller chercher jusqu’à 20 sièges au parlement du Canada et ajoute que le « jeu de dominos entre les Libéraux, les Conservateurs et le Bloc Québécois pourrait jouer en faveur du Bloc. »

Spécialiste du sujet, M. Lamoureux croit que le Nouveau Parti Démocratique (NPD) va redevenir un parti marginal pour le Québec. Après les vifs débats autour projet de loi sur la laïcité, il craint que le chef du NPD, Jagmeet Singh, ne fasse pas l’unanimité car il porte un signe religieux. Selon lui, les positions du parti sur les questions du multiculturalisme et l’immigration sont en rupture avec les aspirations fondamentales des Québécois. M. Lamoureux estime qu’il n’y aura pas de vague orange au Québec. « Le NPD va s’effondrer au Québec », prédit-il.

En ce qui concerne le parti conservateur, M. Lamoureux reconnait qu’il gagne de l’ampleur dans l’Ouest canadien, mais il pense cependant qu’il ne risque pas de séduire le Québec à cause de ses positions sur l’avortement et l’environnement. Quant aux libéraux, le politologue de l’UQAM croit que le scandale SNC-Lavalin ne portera pas trop atteinte au parti, mais d’après lui, le « côté superficiel du personnage de Justin Trudeau », le manque de reconnaissance envers le Québec et les politiques d’ouverture sur l’immigration ne gagneront pas le cœur des Québécois.