Des flammèches sur la laïcité au Face-à-Face TVA

Des flammèches sur la laïcité au Face-à-Face TVA
Photo: Josie Desmarais/MétroJustin Trudeau, chef du Parti libéral

Plusieurs jugements juridiques québécois ont créé des flammèches, mercredi, au débat des chefs du réseau TVA. Questionné sur la Loi 21 sur la laïcité, Justin Trudeau a parlé d’un texte qui «légitimise la discrimination».

Le premier ministre sortant répondait entre autres aux interrogations du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui exige que le gouvernement fédéral n’en appelle pas de la Loi. «C’est un épouvantable gaspillage», a affirmé M. Blanchet.

«Je souhaiterais que la Loi 21 soit la fin des discussions sur la laïcité. Je m’inquiète sérieusement de l’incertitude par rapport aux comportements futurs [des chefs]», a avancé M. Blanchet sur le plateau du débat.

M. Trudeau de répondre: «nous allons défendre les droits des minorités».

Le chef du Parti libéral a réitéré toujours considérer un appel. «C’est une conversation, pour l’instant, qui se passe au Québec. Mais je ne vais fermer la porte comme gouvernement fédéral à défendre les droits des minorités», a-t-il affirmé.

M. Trudeau a concédé «l’importance d’avoir un état laïque». Selon lui, toutefois, la Loi 21  donne une légitimité aux «groupes d’extrême droite». «Ça commence à rentrer», a analysé le chef du PLC.

«Est-ce que vous considérez que les 70% de Québécois qui appuient cette loi ont une quelconque sympathie pour les groupes d’extrême droite?», a demandé M. Blanchet.

«Pas du tout. Mais je trouve qu’une société libre qui permet une discrimination à cause de la religion, il y a des questions à se poser», a répondu le premier ministre sortant.

L’aide médicale à mourir à l’agenda

Un autre jugement juridique québécois avait fait parler un peu plus tôt dans le débat. Les récentes décisions sur l’aide médicale à mourir ne doivent pas faire l’objet d’un appel, a soutenu M. Blanchet.

Jagmeet Singh, du Nouveau parti démocratique (NPD), a promu une ouverture des critères du droit «à mourir dans la dignité». «Après la décision de la cour de justice au Québec, c’est clair que les critères sont trop limités», a-t-il souligné.

M. Trudeau a promis que son parti prendrait «des étapes pour modifier la Loi». «Mais cette équilibre essentiel entre les droits et la protection des plus vulnérables doit toujours rester», a convenu le chef du PLC.

«Les premiers choix qu’on a faits, ça a été, oui, de resserrer [ce droit] un petit peu plus, a avoué M. Trudeau. Mais au fur et à mesure que la société évolue, il va y avoir des possibilités d’ouvrir.»

En mêlée de presse, M. Trudeau a confirmé qu’il souhaitait «amener des modifications pour assouplir la Loi», a-t-il soutenu.

Québec au Canada

Yves-François Blanchet a longuement tapé sur le clou de la représentation du Québec au Canada. En plus d’aborder la loi 21 et l’aide médicale, le premier ministre et M. Blanchet se sont affrontés sur le troisième lien à Québec et sur l’immigration, entre autres.

«Personne ne s’attend que le gouvernement fédéral s’entende sur tout avec le Québec ou avec toute autre province», a lancé M. Trudeau.

«Vous acceptez de travailler avec le gouvernement du Québec, si le Québec accepte vos règles», a répliqué le chef du Bloc québécois.

«Est-il normal que les Québécois élisent des gens à Ottawa qui font le contraire de ceux qu’ils élisent à Québec», a-t-il ajouté.

Le chef libéral a semblé chercher ses mots pendant une seconde, avant que le modérateur Pierre Bruneau ne mette fin à l’échange.

Interrogé par les médias après la joute oratoire, M. Blanchet a critiqué la vision des autres formations politiques sur la sienne. «J’en ai un peu contre cette vision qui dit: « bandes de pas bons, vous allez juste être des députés ». C’est un manque de respect pour la fonction la plus noble qui soit», s’est-il insurgé.